Les citoyens du centre-ville parlent de transport en commun avec le maire de Québec

Plus de 200 personnes ont assisté à la séance d’information et d’échanges sur la mobilité durable et le réseau structurant de transport en commun au Club social Victoria le mercredi 7 juin. Retour sur cet exercice de consultation publique. 

Les questions de mobilité et de fluidité de la circulation automobile ont alimenté les conversations au cours des derniers mois. Congestion routière, élargissement des autoroutes, service rapide par bus, entretien du pont de Québec, construction d’un nouveau pont à l’est de Québec. La Ville de Québec,  avec son maire en tête, a décidé de parler du transport collectif avec ses citoyens.

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Le maire de Québec, monsieur Régis Labeaume, a interpellé les citoyens au sujet de la mobilité et du réseau structurant au cours de cette séance. Constatant qu’il y a 100’000 voitures de plus à Québec depuis dix ans, le maire estime qu’il est urgent de planifier et de réfléchir collectivement pour se donner un réseau structurant pour l’avenir.

Il n’y a pas de solution magique [au problème de la congestion], il faut un ensemble de solutions. ” – Régis Labeaume.

 

Plus de 200 personnes ont assisté à la séance d’information et d’échanges du 7 juin au Club social Victoria. Crédit photo : Accès transports viables

Messieurs Marc Des Rivières, directeur du Bureau du transport de la Ville de Québec, et Jacques Bedard, directeur du bureau d’études du SRB, ont par la suite expliqué les enjeux du transport en commun pour le centre-ville. Vous pouvez consulter leur présentation sur le site Web de la Ville de Québec. Les solutions mises en place par la Ville ou en cours de réalisation sont de cinq ordres : aménagement urbain, comportement  des utilisateurs, technologie, infrastructure et transport actif et en commun.

Un réseau de transport structurant, qu’est-ce que c’est?

Un réseau structurant permet de planifier l’aménagement du territoire en améliorant l’offre de transports efficaces. Il implique un repartage de l’emprise des routes entre tous les utilisateurs : automobilistes, passagers d’autobus, cyclistes et piétons. C’est un système à haut niveau de service, sur une plate-forme dédiée qui inclut des stations de pôles d’échanges et qui bénéficie d’une priorité aux feux de circulation. La priorité aux feux de circulation doit être contrôlée par un centre de service qui gère les déplacements à travers toute la ville. Le concept de ville intelligente est donc un atout pour implanter avec succès le réseau structurant dans notre ville. D’ailleurs, le 9 juin, la Ville mettait en fonction son nouveau centre de gestion de la mobilité intelligente, qui “permet notamment de connaître l’état du réseau routier municipal en temps réel et de faciliter les interventions directes pour optimiser la fluidité de la circulation“.

À Québec il y a encore des manques avec le réseau actuel pour couvrir les principaux pôles de destinations. Ce qui est déterminant pour choisir le mode de transport collectif à implanter, c’est sa capacité. Le bus ordinaire est déjà dépassé pour monter la côte d’Abraham, tandis que le bus articulé utilisé actuellement pour les parcours métrobus pourrait encore nous être utile jusqu’en 2026. À partir de ce moment, la limite de la capacité devrait être atteinte. Le bus biarticulé (ou service rapide par bus – SRB) devrait prendre la relève d’ici-là et pourrait être utile jusqu’en 2041, mais le tramway, avec sa plus grande capacité, devrait prendre le relais après 2041. Pour relier la colline parlementaire à l’Université Laval par le SRB, la Ville de Québec privilégie de faire emprunter le boulevard Charest. Cette décision a été prise en tenant compte des contraintes des axes est-ouest (chemin Sainte-Foy, boulevard René-Lévesque, boulevard Laurier et boulevard Charest).

La parole aux citoyens

Au cours de cette soirée, près de 50 personnes ont pris la parole pour exprimer leur point de vue sur différents enjeux liés au réseau structurant. Bien qu’ouverte aux citoyens de partout à Québec, la majorité des personnes qui ont pris la parole ont dit demeurer dans les quartiers centraux. Certains se sont exprimés sur le choix modal (bus biarticulé ou tramway), d’autres sur l’axe à privilégier pour relier la Colline parlementaire à l’Université Laval. Une pléthore d’autres sujets ont fait l’objet des commentaires du public, tels que la tarification, l’offre de service en banlieue, l’intermodalité, le transport actif, l’attractivité des villes, la place des cyclistes et des piétons, la forme de la rue où serait implanté le SRB, la pollution, la desserte de l’aéroport, le service de taxi, l’étalement urbain, etc.

D’autres ont fait part de leur rêve. C’est le cas de Nathan, un jeune homme souffrant de paralysie cérébrale, qui voudrait que Québec se dote d’un monorail suspendu à l’aide d’une structure de poutres en “T”, propulsé par des moteurs-roues et doté de stations aériennes. Robert, ingénieur à la retraite, voudrait, quant à lui, un métro souterrain en raison de son cycle de vie de plusieurs décennies. Et vous, de quoi rêvez-vous quand vous pensez au système de transport de 2040?

Il est encore temps de faire entendre votre voix!

En plus de la séance du 7 juin, trois autres séances ont été tenues à différents endroits au cours de la même semaine. Vous n’avez pas pu y assister? Qu’à cela ne tienne, la consultation se poursuit jusqu’au 31 août. Accédez au site de la Ville de Québec pour en apprendre davantage sur cette consultation, cliquez sur ce lien. Vous pourrez répondre au sondage ou prendre connaissance des modalités pour transmettre un mémoire. La transmission d’un mémoire doit se faire avant le 13 août.

Par | 2017-07-19T10:08:04+00:00 29/06/2017|Catégories : Mobilité durable|Mots-clés : , |0 commentaire

À propos de l'auteur :

Willem Fortin
Je suis le père de quatre enfants que ma conjointe et moi avons élevés en ville. Contrairement à la croyance populaire, nous demeurons convaincus que le centre-ville est un milieu parfait pour les enfants. En plus de pouvoir se déplacer facilement de la maison à l'école, ils acquièrent une grande autonomie pour tous leurs déplacements: d'une slush achetée au dépanneur à la visite chez des amis, ils sont capables de tout faire par eux-mêmes. De toute façon, nous avons renoncé à avoir une voiture depuis belle lurette! Mes textes portent sur la vie de famille en ville et sur la mobilité active et en transports collectifs.

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