Ici vécut: Narcisse-Henri-Édouard Faucher de Saint-Maurice

Nouvelle rubrique sur le Bourdon du Faubourg: partez à la découverte des gens ayant marqué l’histoire de notre quartier, grâce aux épigraphes. Vous pouvez également naviguer grâce à la carte des épigraphes que nous vous proposons, et qui s’enrichira au fur et à mesure. 

La ville de Québec, grâce aux plaques «Ici vécut», nous invite à se souvenir des gens ayant «marqué autant la petite que la grande histoire de Québec». J’adore fouiller dans ces archives et me plonger dans des recherches complémentaires (sommes toutes succinctes, historienne je ne suis pas). Je vous ferai donc découvrir les nombreuses plaques qui ornent certaines bâtisses du quartier. Je vous inviterai à compléter le tout avec la toponymie de la rue associée.

Le Bourdon 600×100

Photographie J.E. Livernois (domaine public). Via Bibliothèque et Archives nationales du Québec, référence P560,S2,D1,P335

Qui était donc Narcisse-Henri-Édouard Faucher de Saint-Maurice? Il est né à Québec en 1844 et y est décédé en 1897. Si vous lisez l’épigraphe vous y apprendrez qu’il était un homme de lettre canadien-français assez prolifique pour son époque. Peut-être que certains d’entre vous ont lu « À la brunante». Wikipedia nous dit que ce recueil de conte est le plus célèbre. Vous le trouverez d’ailleurs sur le catalogue Astrolabe de notre super Bibliothèque de Québec. Il ne reste qu’à le faire livrer à celle du quartier, la «nouvellement» nommée Claire Martin. Ceci dit, les «historiens de la littérature le relèguent habituellement parmi les écrivains de seconde zone, parce qu’il n’a pas laissé d’ouvrages vraiment substantiels» (source: biographi.ca).

Fait à noter, bien qu’officier puis homme politique, il fut aussi journaliste dans les années 1880 à Le journal de Québec (parution 1842-1889) et à Le Canadien (parution 1806-1909), premier journal unilingue français au Québec. En parallèle de ses activités de journalistes, il fut élu député conservateur dans Bellechasse en 1881, puis réélu en 1886, et finalement défait en 1890.

L’histoire ne nous dit pas combien de temps il vécut dans la demeure où est l’épigraphe. La bâtisse, construite entre 1860-1875, est patrimoniale mais a été complètement réaménagée dans les années 1990. Sans doute y a-t-il vécut avec sa femme Joséphine Berthelot d’Artigny, nièce de Louis-Hyppolyte La fontaine (3ème Premier ministre du Canada-Est). Ils se sont mariés en 1868.

Suis-je la seule à aimer tous ces «doux» prénoms du 19ème siècle?

Photographie prise en 1983. Droits réservés: Ville de Québec (Cote : Q-P2-IC-N030784)

La côte Sainte-Geneviève quant à elle porte ce nom, depuis 1795, en l’honneur de Geneviève Bazin femme de Michel-Amable Berthelot d’Artigny. D’ailleurs, la rue d’Artigny est à son honneur. La rue St-Amable (aujourd’hui nommée rue Jacques-Parizeau), qui lui est perpendiculaire, faisait référence à son fils. Ses fils, Michel et Amable, et sa fille Geneviève (quelle originalité!) ne portent que le nom Berthelot. [petit “aparté”: d’Artigny n’était qu’un ajout, tout comme de Saint-Maurice pour Faucher, permettant de mieux paraître. Ah, le “pouvoir” des noms à particule de la noblesse!]. Les fils, parce qu’ils ont cédé une partie de leurs terres pour la création d’un marché public, ont demandé à ce que ce dernier porte leur nom: d’où le parc et la rue Berthelot aujourd’hui. Plongée dans l’histoire garantie aussitôt que vous fouillez dans le répertoire de toponymie de la ville: j’adore!

Avez-vous remarqué que la femme de Faucher porte le nom complet Berthelot d’Artigny, sensé être seulement porté par Michel-Amable. D’après le registre d’état civil elle est née en 1821 et est la fille de Dr Amable Berthelot d’Artigny lui même le fils de Amable Berthelot. Elle est donc l’arrière petite-fille de Geneviève nom donné à la côte où elle vécut.

Voilà, la boucle du temps est bouclée, pour cette fois-ci.

Bientôt, une prochaine découverte avec les plaques «Ici vécut».

Par | 2017-08-29T09:46:26+00:00 15/08/2017|Catégories : Épigraphes, Histoire et patrimoine|Mots-clés : , , , , |0 commentaire

À propos de l'auteur :

Isabelle Goarin
Québécoise d’adoption, et en amour avec ma ville depuis 2002, je suis particulièrement fière de vivre, travailler et consommer Saint-Jean-Baptiste depuis 2014. Travailleure autonome depuis 2005, curieuse d’histoire et de culture, cofondatrice du Bourdon média collaboratif, je m’implique aussi au niveau communautaire. J’ai développé au fil des ans un intérêt particulier pour le développement durable (zéro déchet, économie circulaire, consommation collaborative)

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