Jean Rousseau, colistier d’Anne Guérette, pour Démocratie Québec

Jean Rousseau est le colistier d’Anne Guérette dans le district Cap-aux-Diamants. Il développe ici sa vision pour le Faubourg, et les enjeux de proximité.

Le questionnaire avait pour objet de connaître les objectifs des candidats pour le Faubourg Saint-Jean, qui fait partie intégrante du district Cap-aux-diamants. Certains enjeux recoupent les autres territoires du district (comme le Vieux-Québec). Leurs réponses pouvaient donc déborder du territoire lorsqu’ils l’estimaient pertinent. Nous y avons intégré certaines questions dont nos lecteurs nous ont fait part, et les candidats pouvaient répondre de manière plus ou moins longue à chaque question.

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Économie locale

PC Poulin vous demande d’expliquer votre stratégie économique pour garantir la survie de l’économie de proximité, la survie d’un marché de proximité et faire en sorte que la croissance des taxes municipales n’aille plus à l’encontre de l’économie de proximité.

L’économie de proximité est au cœur de la vie du quartier. Premièrement, maintenir ouvert le marché du Vieux-Port; un équipement collectif rentable qui profite à tous grâce à une offre diversifiée. Deuxièmement, moduler les taxes commerciales selon diverses catégories d’immeubles (loi 122) pour les petites artères commerciales, de manière à favoriser le maintien et la venue de commerces de proximité. Troisièmement, rendre gratuit la première demi-heure de stationnement au parcomètre. Quatrièmement, favoriser le magasinage par les piétons et les cyclistes –plus de 50% des achats sur St-jean sont réalisées par ces clientèles- en mettant en place une piste cyclable sur St-jean et des supports à vélo et en aménageant les trottoirs.

Êtes-vous pour ou contre un décontingentement des bars et restaurants sur la rue Saint-Jean et pourquoi?

Je suis contre un décontingentement des bars et restaurants sur la rue St-Jean. Les citoyens du quartier ont obtenu ce contingentement après maintes démarches. C’est un équilibre à maintenir entre la diversité de l’offre commerciale et les dérangements générés par le bruit de ces établissements et les désordres des fêtards.

Comment encourager la diversité de commerces dans le Faubourg, répondant aux attentes des résidents permanents?

Les citoyens souhaitent davantage de commerce d’alimentation comme des épiceries et une boucherie. Ils souhaitent également des boutiques spécialisées comme feu le Copiste du Faubourg. Pour les épiceries il faudrait pouvoir permettre leur établissement au 1er étage d’édifices se trouvant dans des rues transversales. Pour une boucherie ou des boutiques plus spécialisées qui s’établiraient sur la rue St-Jean, il faudrait solliciter des commerçants qui seraient prêts à venir s’établir en leur faisant valoir les taux spécifiques dont ils pourraient bénéficier selon la catégorie d’immeuble.

Cadre de vie

Mélanie Quimper regrette que les places de stationnement de nuit lors des opérations de déneigement aient été limitées par la construction de condos à l’îlot Irving. Le déneigement fait aussi partie de ses questionnements. « Il y a plus de 30 ans, on déneigeait les deux trottoirs de chaque côté de la rue et depuis quelques années, un seul. Pourtant les riverains des deux côtés de la rue paient les mêmes taxes. Va-t-on revoir cette politique de déneigement ? » s’interroge pour sa part Réal St-Pierre.

Les opérations de déneigement sont mal menées et mal faites. Elles durent parfois jusqu’à 3 jours dans certains secteurs. Aux endroits où l’on trouve des poteaux sur les trottoirs, la neige n’est tout simplement pas ramassée et se transforme en glace. Comme solution, 1) promulguer un code de conduite du déneigement où la Ville spécifiera les objectifs de déneigement, incluant la qualité attendue, les délais et les recours –autres que les plaintes- que les citoyens peuvent envisager si ces objectifs ne sont pas respectés et 2) redonner aux services de la Ville le déneigement des quartiers centraux.

Comment s’assurer que des logements ne disparaissent pas au profit de locations de courte durée, à visée touristique?

La disparition des logements à des fins de locations touristiques, de courte durée, est un véritable fléau. L’hébergement touristique est prévu dans certaines zones. Il faudrait en premier lieu faire respecter la réglementation, 2) augmenter les amendes pour qu’il y ait un caractère dissuasif et 3) prévoir un programme d’aide de rénovation aux logements de manière à conserver la valeur des loyers à des niveaux abordables.

Comment favoriser la vie de famille dans les quartiers centraux?

1) implanter une autre installation de centre pour la petite enfance (CPE) dans le quartier de manière à réduire les temps de déplacement. 2) que le projet visant à revitaliser la cour de l’école St-Jean-Baptiste serve aux enfants du quartier. 3) que plusieurs rues deviennent conviviales en réduisant la vitesse par des aménagements similaires à la rue Ste-Claire, avec, en plus, l’enfouissement des fils électriques et la disparition des poteaux. 4) assurer une plus grande sécurité aux piétons et aux enfants à pied ou en vélo par des aménagements aux intersections qui rétrécissent l’emprise et obligent les automobilistes à ralentir.

Par de nombreux aspects, Saint-Jean-Baptiste peut déjà être considéré comme un écoquartier. Comment accompagner le développement local dans cet esprit?

La notion d’écoquartier vient de la possibilité de se déplacer à pied ou à vélo dans le quartier, de pouvoir acheter localement et de verdir le quartier (voir point suivant). Introduire une piste cyclable sur St-Jean serait un signal clair de cette volonté d’affirmer le caractère distinct du quartier.

Par quelles actions la Ville peut-elle encourager le verdissement du quartier?

En enfouissant les fils électriques et en enlevant les poteaux et en diminuant l’emprise de la rue (comme sur la Tourelle) où l’on a créé des espaces pour planter des arbres. De plus, on peut végétaliser en utilisant les murs comme support. On peut également favoriser les jardins collectifs en misant sur les toits de bâtiments publics tels l’école et la Caisse Desjardins, après autorisations et évaluations.

Patrimoine

Que faire de l’église Saint-Jean-Baptiste, fermée depuis 2015?

Je m’inspirerais du mémoire Vision du patrimoine 2016-2026 du conseil de quartier St-Jean-Baptiste où l’on mentionne la création d’un Groupe de ressources techniques en patrimoine religieux. Il est illogique de faire reposer l’ouverture de l’église sur le projet de bénévoles. La Ville a l’obligation de reprendre à la charge ce monument qui doit être mis en valeur dans le cadre de la trame du tourisme religieux. Il faut également envisager le manque d’espace de l’école St-Jean-Baptiste et l’expansion qu’il serait possible dans une portion de l’église.

Comment mettre d’avantage en valeur l’enclos paroissial St-Matthews?

La présence d’un grand nombre de sépultures et de magnifiques arbres suppose un meilleur aménagement des lieux. Des sentiers mieux balisés, des espaces bien délimités où l’on peut s’asseoir et d’autres où l’on rappellerait la mémoire des sépultures pourraient être envisagés.

Mobilité(s)

Sylvain Marois aimerait« savoir ce que les candidats proposent pour limiter et diminuer la circulation dans Saint-Jean-Baptiste ».

Il faut introduire la notion que les résidents du quartier ont priorité et que pendant certaines heures, il y aurait des virages à gauche et même des sections de rues qui seraient interdites aux non-résidents. De plus, il faudrait augmenter les temps d’attentes pour le feu de circulation sur Ste-Geneviève de manière à ce que le « trajet » s’y rendant soit moins intéressant.

Réal St-Pierre demande comment « résoudre le problème de la circulation de transit, en particulier sur d’Aiguillon et Sainte-Marie ? »

Il faut envisager des interdictions de tourner sur ces rues durant certaines heures, comme c’est le cas pour la rue Lockwell à partir de Claire-Fontaine, entre 16:00 et 17:00 si on n’est pas résident. Un tel système pourrait être mis en place sur Ste-Marie. Pour d’Aiguillon, il faudrait que la rue soit interdite aux non-résidents pendant certaines périodes de la journée.

Peut-on envisager de réduire la vitesse à 30km/h dans les zones résidentielles?

Oui, si on aménage les rues de manière à diminuer l’emprise de la route par l’élargissement des trottoirs aux intersections de deux rues ou en enlevant des espaces de stationnement ici et là pour y planter des arbres.

Comment développeriez-vous les pistes cyclables dans le quartier?

Nous avons un lien nord-sud qui passe de Turnbull à la Côte Badelard, mais aucun lien est-ouest. Je propose une piste cyclable sur St-Jean entre Salaberry et Honoré-Mercier.

Démocratie locale

Quelle est selon vous la meilleure façon d’intéresser les citoyens aux enjeux de proximité?

C’est en les interpellant sur des enjeux qui les touchent et en leur demandant leur avis sur des projets de solutions à des problèmes concrets. Les consultations publiques seraient menées par un organisme indépendant et neutre. La consultation devraient servir à 1) définir les problématiques et les solutions potentielles et 2) valider si les solutions proposées résolvent les problèmes identifiés et si leur implantation a des conséquences imprévues.

Comment faire travailler tous les acteurs (SDC, Conseil de quartier, Comité Populaire, OBNL) ensemble sur des projets de développement local?

Démocratie-Québec met de l’avant l’idée des budgets participatifs. Chaque conseil de quartier se verrait confier 1 million de $ par année. Avec cette somme, le conseil recevrait des projets d’aménagement ou d’animation par tous les groupes ou individus de la communauté. Pour des enjeux collectifs comme l’hébergement illégal ou l’aménagement de terrains comme celui du patro St-Vincent-de-Paul, les groupes de travail de la Ville devraient demander à ce que les différents groupes du quartier contribuent à ses démarches par des observations, analyses ou propositions.

Développez un enjeu qui vous intéresse plus particulièrement.

Les citoyens du quartier St-Jean-Baptiste se déplacent majoritairement à pied et à vélo. Il est temps de repenser le développement du quartier en fonction de cette réalité. Enfouir les fils électriques, enlever les poteaux et aménager des trottoirs plus conviviaux de manière à sécuriser les espaces pour les piétons, tant en été qu’en hiver. La survie et la revitalisation de la rue St-Jean passent par la mise en place d’une piste cyclable sur St-Jean avec espaces sécurisés pour des supports à vélo et un élargissement des trottoirs à certains endroits, de manière à répondre aux attentes de consommation et de socialisation des habitants du quartier. Le site du patro St-Vincent-de-Paul est un endroit exceptionnel pour concevoir collectivement un site où l’on combinerait habitation sociale, espace public et jardins communautaires.

Par | 2017-10-22T17:41:27+00:00 20/10/2017|Catégories : Vie politique|Mots-clés : , , , |1 Comment

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