L’histoire de l’Îlot Irving

L’îlot Irving portait ce nom jusqu’à ce que les condos Le Tandem soient construit à cet endroit. Situé à côté de la caserne de pompiers du quartier Saint-Jean-Baptiste, son histoire témoigne de l’histoire des transports dans la ville de Québec.

L’endroit est longtemps resté un stationnement à ciel ouvert. La construction de condos (et d’un édifice initialement de 9 étages) fit l’objet de débats, et d’un référendum en 2012. Par une majorité de 53 %, le projet avait été rejeté, et c’est un bâtiment de cinq étages qui s’y dresse désormais. Revenons quelques années en arrière, quand l’endroit était encore un garage.

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C’est en 1863 que le tramway hippomobile fait son apparition à Québec, uniquement en basse-ville. En 1878, la St. John Street Railway est créée et une première ligne est inaugurée sur la côte de la Fabrique et la rue Saint-Jean, entre la rue De Buade et l’avenue De Salaberry. La compagnie construit alors ses écuries sur la rue Saint-Jean, au coin de la rue Racine (aujourd’hui Philippe-Dorval), c’est-à-dire l’îlot Irving.

Plan original de l’architecte Harry Staveley pour la construction du garage à tramway de la Quebec District Railway Co., édifice qui sera érigé rue Saint-Jean, 1897, Harry Staveley, BAnQ, Fonds Famille Staveley P541,D259C. Source

En 1897, les tramways électriques apparaissent dans la ville. C’est d’ailleurs cette année-là que la deuxième porte Saint-Jean est démolie pour permettre le passage de ces nouveaux chars. Le tramway passe dans Saint-Jean-Baptiste, et lors des travaux de rénovation de l’été 2017, on a pu voir des anciens morceaux de rails retirés de la chaussée.  Les anciennes écuries sont alors remplacées par un garage pouvant accueillir simultanément 14 wagons. Les plans sont dessinés par l’architecte Harry Staveley.

Photographie du garage de la Quebec Railway, Light, Heat and Power vers 1900, BAnQ, Fonds J. E. Livernois Ltée, P560,S2,P82485. Source

Plan d’assurances de 1910 montrant le garage de la Quebec Street Railway, BAnQ. Source

Dans cette photographie de 1929, nous pouvons voir, en bas de la rue Turnbull (tout en bas, à droite, le bâtiment avec les arches), une partie du garage.

vue en direction nord de Turnbull vers la rue Saint-Jean. On peut y voir les bâtiments démolis en 1929 (photographie prise le 24 avril 1929). Source: Ville de Québec (Fonds Thadée Lebel).

Ce garage, devenu vétuste, est démoli en 1935. Le terrain demeure vacant jusqu’en 1941, lorsqu’une station d’essence y est ouverte. La photographie ci-dessous est datée du 13 mai 1980. On y voit le déjà délabré stationnement, la trace de la bannière Irving (d’où le nom d’îlot Irving…), des voitures, et… un morceau d’espace vert!

Une partie du stationnement est utilisée par la station-service Irving. À la jonction des rues d’Aiguillon et Saint-Jean se trouvent les locaux de la station de radio CITF 107,5. Source: Ville de Québec

Photographie représentant un stationnement à l’intersection de la rue Saint-Jean et de l’avenue Turnbull. Une partie du stationnement est utilisée par la station-service Irving, en 1983. Source: Ville de Québec

En 1983, à l’intersection des rues d’Aiguillon et Racine. Source: Ville de Québec.

Depuis plusieurs années, cet emplacement servait de terrain de stationnement. Sa destruction a commencé en 2014, pour y construire le Tandem. Début 2012, les citoyens se sont exprimés par un référendum , pour refuser la modification de zonage (le projet initial comptait neuf étages, et le zonage n’en permettait que six). L’immeuble compte cinq étages sur le côté rue Saint-Jean, et sept côté rue Richelieu. Afin de permettre la construction des espaces de stationnement au sous-sol, l’Îlot Irving a fait l’objet de plusieurs séquences de dynamitage, qui ont fait vibrer les immeubles alentour.

Photographie P.L. décembre 2014.

Par | 2017-11-30T11:40:50+00:00 27/11/2017|Catégories : Histoire et patrimoine|Mots-clés : , , |0 commentaire

À propos de l'auteur :

Québécoise d'adoption depuis 2007 et résidente de Saint-Jean-Baptiste depuis 2012, je suis passionnée de démocratie locale, d'histoire et de patrimoine. Co-fondatrice du Bourdon média collaboratif, je suis également engagée dans divers organismes du quartier, comme le Comité Populaire, Espace Solidaire, et le Comité du patrimoine.

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