Boucherie Bégin: vers un maximum de dix logements

Une douzaine de citoyens se sont présentés à la consultation publique ce mercredi 13 décembre, visant à modifier le règlement d’urbanisme pour la parcelle de l’ancienne boucherie Bégin. Une consultation qui portait sur des aspects très techniques mais qui a amené des débats de fond sur l’avenir de l’édifice.

L’avis de consultation publique avait été distribué à 600 portes voisines du projets, et relayé tant sur les réseaux sociaux du Conseil de quartier Saint-Jean-Baptiste que dans divers médias, dont le Bourdon. La douzaine de citoyens présents, dont la directrice générale de la SDC Quartier Saint-Jean-Baptiste et des représentants du Comité populaire Saint-Jean-Baptiste, ont pu s’exprimer sur la modification de zonage demandée.

Le Bourdon 600×100

Une modification avant tout très technique, puisqu’il s’agit d’harmoniser le lot sur lequel se trouve l’ancienne boucherie Bégin avec les limites adéquates de la zone englobant la rue Saint-Jean. En effet, une toute petite “lichette” du lot dépasse la limite de la zone principale sur laquelle se trouve l’édifice, héritage de la refonte du cadastre du Québec ces dernières décennies. Pour faire simple, il faut faire rentrer le carré du terrain à l’intérieur de la ligne qui délimite la zone qui réglemente la rue Saint-Jean. Il était également demandé par l’arrondissement d’autoriser douze logements, quand le règlement de la rue Saint-Jean en prévoit huit sans possibilité d’en faire au rez-de-chaussée (et que le projet présenté en demande dix dont deux au rez-de-chaussée).

Quel projet pour l’édifice?

Jean-Michel Munger, ingénieur associé au groupe Genius et promoteur du projet (qui est en fait proposé par plusieurs investisseurs), est revenu sur le “site qui a été difficile à développer dans le passé”, et qui est “dispendieux à développer” (plus de 600.000$ ont d’ores et déjà été investis) et “très politisé”. Au cours des derniers mois, il a notamment consulté plusieurs acteurs du quartier, dont la SDC et le comité populaire; “beaucoup de demandes cadraient très bien avec nos désirs de promoteurs”, affirme-t-il, expliquant du même souffle que le projet maximise la grandeur des unités et le nombre de chambres. S’il n’a pas été possible d’en savoir plus sur le type de logements, ou l’aspect visuel de l’édifice, on annonce néanmoins que le projet sera dévoilé début janvier, en même temps que les premières ventes. La firme Quanta Architecture est fortement pressentie pour réaliser ce projet. On sait également que l’édifice comptera quatre étages, dont les deuxième et troisième étages feront 3900 pieds carrés, et le dernier, plus en retrait, 2600. Ce qui, si l’on s’en tient à un projet de 10 logements dont deux au rez-de-chaussée, permet des logements d’environ 1200 pieds carrés et trois chambres ou bureau. Le sous-sol permettra d’avoir sept places de stationnement, et des ententes ont déjà été prises avec des stationnements alentour pour en fournir sept ou huit de plus aux propriétaires.

Quant aux commerces possibles, si tout semble encore ouvert, le promoteur déclare avoir déjà plusieurs projets intéressants, et souhaite que le ou les commerces qui s’installeront dans l’édifice soient une plus-value pour le quartier, qui sert à la fois aux citoyens et aux propriétaires de l’immeuble Qu’il s’agisse d’une grande bannière qui pourrait attirer les consommateurs d’autres quartiers ou de commerces s’arrimant aux besoins des citoyens du Faubourg, le promoteur affirme ne pas vouloir “signer un bail pour signer un bail”. Des contacts ont d’ores et déjà été entrepris avec des commerçants actuels du quartier, et l’on espère en savoir plus dans les prochains mois.

Un projet relativement bien reçu

Jean Rousseau, conseiller municipal de Cap-aux-Diamants, a déclaré que, “sur la base des informations, on juge le projet recevable”, et qu’il “a de belles qualités”. Catherine Laberge, directrice générale de la SDC Quartier Saint-Jean-Baptiste, a déclaré accueillir “favorablement ce projet-là”. “Ça ajoute du logement et de la clientèle pour les commerces” a-t-elle précisé. Le Comité Populaire quant à lui avait publié dans la journée un communiqué présentant sa position, une opposition réaffirmée lors de la consultation publique. Regrettant le manque d’informations sur le projet, Marie-Ève Duchesne, permanente du Comité, a fait remarquer que l’”on a un peu l’impression de donner un chèque en blanc sur plusieurs aspects”, rappelé que la démolition demeure une priorité, et que le site mérite un projet qui réponde aux besoins des résident.e.s du quartier.

Un enjeu partagé d’une certaine façon par le promoteur, qui affirme vouloir offrir des grands logements de deux ou trois chambres sur les trois étages supérieurs du bâtiment, ainsi qu’un ou des commerces répondant aux besoins des citoyens et des propriétaires.

Le propriétaire de l’immeuble jouxtant la boucherie Bégin a fait part de son inquiétude par rapport à l’état actuel de l’édifice, “dont le toit est en train de s’écrouler”, et disant craindre une issue telle que celle du 141 rue Saint-Paul, parti en fumée un peu plus tôt dans la journée. “Le projet est beau, moderne, mais cadre dans la rue Saint-Jean” a-t-il ajouté. “On réinvente et on réinterprète mais on continue l’histoire de la rue Saint-Jean” a précisé M. Munger, annonçant que le projet s’intégrait dans l’architecture et la trame urbaine du Faubourg.

Le promoteur a tenu à rappeler que des locations de courte durée de type AirBnB seraient proscrites par le règlement de copropriété, et que, bien que la modification de zonage puisse l’autoriser, aucun projet de gîte n’était dans les cartons. La volonté affichée est d’avoir des propriétaires occupants.

Les administrateurs du Conseil de quartier ont résolu à l’unanimité des présents de ne pas accepter la demande de l’arrondissement en l’état; bien qu’en accord avec les dérogations permettant d’harmoniser les zones réglementaires et cadastrales et la possibilité d’avoir des logements au rez-de-chaussée, il a émis le souhait que le nombre de logements soit limité à dix au maximum, et que la durée maximale de la dérogation autorisée soit de cinq ans: si d’ici cinq ans rien n’est encore fait au 500 rue Saint-Jean, il faudra refaire tout le processus.

Une démolition pour mars?

Le promoteur annonce vouloir démolir le bâtiment dès mars. De l’amiante étant présent dans certaines parties de l’édifice, l’option retenue est celle du curetage, puis de la démolition sous confinement. Les nuisances pourraient donc être réduites… dans la mesure du possible dès lors qu’on parle de travaux aussi importants et qui auront sans nul doute un impact sur la circulation des rues Sainte-Claire et Saint-Jean.

Par | 2018-01-09T20:04:48+00:00 13/12/2017|Catégories : Urbanisme et travaux|Mots-clés : |0 commentaire

À propos de l'auteur :

Québécoise d'adoption depuis 2007 et résidente de Saint-Jean-Baptiste depuis 2012, je suis passionnée de démocratie locale, d'histoire et de patrimoine. Co-fondatrice du Bourdon média collaboratif, je suis également engagée dans divers organismes du quartier, comme le Comité Populaire, Espace Solidaire, et le Comité du patrimoine.

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