Souvenir du Faubourg : l’incendie du Complexe G

Le 3 mars 1971, un feu d’origine accidentel endommage grandement le 30e étage de la tour du Complexe G – aujourd’hui, l’édifice Marie-Guyart -, alors en construction.

Cette chronique souligne l’histoire contemporaine du quartier. Entre autres sources d’information, les Archives de la Ville de Québec, la BANQ et ses publications numérisées, Jocelyn Paquet (retraité des Archives du photographe), la Société historique de Québec et la mémoire de résidents peuvent être mis à contribution.

« Une salamandre défectueuse »

L’image d’archives de l’en-tête est tirée de cette page Facebook de Jocelyn Paquet. Elle provient du fonds du collectif de photographes du Soleil, Photo Moderne. « Le 3 mars 1971, écrit l’auteur, un incendie éclate au 30e étage du Complexe G. Les dommages sont évalués à 2,091,779 $. Il faudra plus de 17 heures au pompiers pour venir à bout de cet incendie qui transforme le complexe G en tour infernale. »

À défaut des journaux locaux du 4 mars 1971 absents pour le moment des archives de la BANQ, on peut y consulter La Presse en page 4 de son édition de ce jour. Sous le titre « L’incendie du complexe “G” : un témoin important », voici ce que l’on peut lire dans l’article du quotidien signé par son bureau de Québec :

Le Commissariat des incendies du Québec détient un témoin important en rapport avec l’incendie. […] C’est ce qu’a révélé, hier, le ministre des Travaux publics, M. Bernard Pinard, au cours d’une déclaration faite à l’Assemblée nationale. […] “Je trouve étrange, a dit M. Pinard, que dans la construction d’un pareil édifice, on n’est pas pensé de monter, au fur et à mesure que les travaux avançaient, un tuyau d’alimentation en eau avec des boyaux d’arrosage qui auraient pu être facilement raccordés de façon à éteindre le feu, dès le début de l’incendie”. […] M. Pinard a ajouté que l’on ignore pour le moment la cause exacte de l’incendie […]. On s’attend toutefois à ce que ces travaux soient retardés de trois mois par suite des dégâts qui ont été causés par le feu. Ces dégâts ont été importants au 30e étage dont la dalle avait été coulée dernièrement. […]

En complément de ces informations, le site de la SPIQ, Tout feu tout flamme présente une spectaculaire photo nocturne de l’incendie tout en résumant sa cause : « une salamandre défectueuse ».

Érigé de 1967 à 1977, considéré comme un symbole de la Révolution tranquille, l’édifice Marie-Guyart a coûté a l’époque environ 45 M $. Cet immeuble s’inscrivait au cœur de la « modernisation» de la colline parlementaire. Son impact sur le tissu urbain et social du quartier Saint-Jean-Baptiste est décrit en détail par notre collaborateur Jérôme Ouellet dans Vues anciennes de Québec.

L’incendie du 3 mars 1971 n’était pas le premier à toucher l’édifice en construction: le 4 décembre 1969, les pompiers étaient appelés deux fois sur le chantier, car le feu avait pris dans les formes de bois utilisées pour couler le béton, à deux endroits différents. Ce n’était pas le dernier non plus, puisque le 27 mai 1986, un autre incendie détruisait partiellement les contrôles électriques du bâtiment.

Veille d’un blizzard historique…

Le sinistre du Complexe G « aurait pu être encore plus grave, car le lendemain débutait la pire tempête que le Québec ait connue, celle que l’on surnomme la tempête du siècle », avance aussi Jocelyn Paquet.

Cet autre événement, qui semble avoir davantage marqué l’imaginaire de ceux et celles qui ont vécu en ville à ce moment, a fait la une des journaux québécois les jours suivants. À lire, ce dossier sur la Tempête du 4 mars 1971.

Et vous, quels souvenirs évoquent ces événements ? N’hésitez pas à commenter cet article !

 

 

Par | 2018-03-16T14:50:41+00:00 03/03/2018|Catégories : Histoire et patrimoine, Souvenirs|Mots-clés : , , |0 commentaire

À propos de l'auteur :

Jean Cazes
Géographe et archiviste, j’ai pris racine dans les quartiers centraux en 1989. Journaliste à la pige depuis lors, j’ai notamment travaillé pour Franc-Vert, Forêt Conservation et Géo Plein Air. Recherchiste à TéléMag (« Dossier actualité ») puis coréalisateur/coanimateur d’une émission estivale à CKRL 89,1, j’ai aussi collaboré en 2001 à la relance du journal de rue La Quête à titre de rédacteur en chef. En 2009, j’ai quitté le blogue Québec Urbain afin de développer le volet « média hyperlocal » de Monlimoilou.com où j’assume depuis les fonctions de journaliste, chroniqueur et photographe. Portraits de commerçants, événements culturels, urbanisme et « capsules d’histoire » sont quelques sujets que je couvre aussi à l’occasion pour Le Bourdon.

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