La Maison funéraire Rickaby

Nous vous parlions hier de l’initiative du restaurant La Piazzetta, pour soutenir le réaménagement du CPE Coopérative Saint-Jean. L’occasion pour Le Bourdon de se pencher sur l’histoire du bâtiment qui abrite aujourd’hui le restaurant du 707 rue Saint-Jean.

Un endroit auparavant connu sous le nom de Maison funéraire Rickaby (Rickaby Memorial Funeral Home), ce qui est logique, vu la proximité avec le cimetière St. Matthew. Le bâtiment a été construit durant la première moitié du XIXe siècle (1845), ce qui en fait l’une des plus plus anciennes constructions du Faubourg (d’où sa valeur patrimoniale, en plus du maintien de sa fonction commerciale, de ses composantes architecturales associées au style de la maison londonienne et de son implantation près d’un noyau paroissial).

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Le 28 juin 1845, l’incendie du faubourg détruit vraisemblablement la maison qui se trouve sur le terrain et qui a été érigée au début du XIXe siècle. Les travaux commencés peu avant ce drame sont donc poursuivis par les nouveaux propriétaires, les épiciers Hilary et Thomas Lenfesty. Elle est recouverte de brique avant 1861. Son espace intérieur est séparé en deux, la partie à l’est sert de logement et celle à l’ouest de commerce. Jean-Alfred Moisan y tient  son épicerie à partir de 1874-75 (voir la photo ci-dessous).

Détail de la photographie « Québec – Maisons de la rue Saint-Jean », Ministère de la culture et de la communication, Fonds Hethrington, vers 1885, A-8 11546

La maison est vendue à David Stephen Rickaby en 1884, et demeure la propriété de la famille jusqu’en 1974 (soit 90 ans). Ce dernier est à fois entrepreneur de pompes funèbres, tapissier et ébéniste (ce qui permet de couvrir à peu près tous les services, du cercueil à l’enterrement). De 1884 à 1974, le bâtiment demeure la propriété de la famille Rickaby et sert principalement de maison funéraire. Le salon D. Over y est installé en 1923.

Dans les années 1960. Rickaby Memorial Funeral Home, Ministère de la culture et de la communication, Fonds Gérard Morisset, E9. Source

Dans les années 1960. Rickaby Memorial Funeral Home, Ministère de la culture et de la communication, Fonds Gérard Morisset, E9. Source

Les années passent et l’état du bâtiment se dégrade. A la fin des années 1970 et au début des années 1980, bien qu’un commerce occupe le rez-de-chaussée, l’état du bâtiment laisse envisager d’importants besoins de rénovation.

Le bâtiment en 1979. Source: Ville de Québec (Centre de Documentation de l’Aménagement du territoire)

Un commerce de chaussures (Sena) s’y installe en 1980.

Source: Ville de Québec (Centre de Documentation de l’Aménagement du territoire)

Source: Ville de Québec (Centre de Documentation de l’Aménagement du territoire, nég. 60.25)

Source: Ville de Québec (Centre de Documentation de l’Aménagement du territoire, nég. 57.7)

C’est en 1989 que La Piazzetta s’y installe. Des travaux de rénovation majeurs sont effectués à l’extérieur en 1991 : la toiture en tôle à la canadienne est réparée tandis que le parement de brique est remplacé par des briques d’argile. Les vitrines commerciales sont également remplacées.

Le 707 rue Saint-Jean en 2015. La Piazzetta occupe désormais le bâtiment. Photographie droits réservés.

Par | 2018-04-26T14:13:18+00:00 17/04/2018|Catégories : Histoire et patrimoine|Mots-clés : , |0 commentaire

À propos de l'auteur :

Québécoise d'adoption depuis 2007 et résidente de Saint-Jean-Baptiste depuis 2012, je suis passionnée de démocratie locale, d'histoire et de patrimoine. Co-fondatrice du Bourdon média collaboratif, je suis également engagée dans divers organismes du quartier, comme le Comité Populaire, Espace Solidaire, et le Comité du patrimoine.

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