L’Un et l’autre: plus de quinze ans de présence dans le Faubourg

L’accueil, le service, la qualité et la fiabilité «à un prix décent»: c’est ce que proposent rue Saint-Jean, depuis dix-sept ans, Carol Proulx et Sylvain Duchesne. Les deux copropriétaires de l’enseigne L’Un et l’autre travaillent depuis une trentaine d’années l’un dans la mode homme, l’autre dans les accessoires pour hommes.

À son arrivée à Québec voici une trentaine d’années, Carol Proulx (originaire de Rimouski) était gérant d’une enseigne Marc Andrew Place Sainte-Foy. Ensuite, il a pris une gérance Les Ailes de la mode, également Place Sainte-Foy. Arrivé du Saguenay à la même époque, Sylvain Duchesne travaillait, lui, Place Laurier, au rayon accessoires pour hommes de La Baie. L’un comme l’autre avaient acquis une expérience de plus de dix ans avant de décider de s’associer et de s’implanter dans le Faubourg Saint-Jean au début du millénaire. C’en était fini pour eux l’aspect bruyant et contraignant des centres commerciaux: place à un service plus personnalisé, à échelle humaine, dans un quartier résidentiel.

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Le nom “L’Un et l’autre” trouve son origine dans la configuration du premier magasin ouvert rue Saint-Jean par MM. Proulx et Duchesne. La boutique se trouvait en effet au 249, le local commercial repris en 2016 par L’Anar’Chic (puis fermé subitement en 2017). À l’époque, on pouvait entrer par deux portes, explique Carol Proulx, et le client trouvait d’un côté des vêtements, de l’autre des accessoires. Le local étant grand et disposé très différemment d’un commerce classique, c’est un ami à eux qui les fournissait en accessoires.

En 2005, Carol et Sylvain ont l’opportunité d’acheter la bâtisse face à leur première implantation dans le Faubourg, au 242 rue Saint-Jean, à côté du disquaire CD Mélomane. Désormais, ils peuvent vivre et travailler localement.

Avec ce déménagement, la dénomination de l’établissement indépendant (au sens où les deux copropriétaires ne sont affiliés à aucune chaîne) a perduré. Aucune raison de changer, puisqu’ils proposaient les mêmes produits. Carol précise au Bourdon un autre sens par rapport au nom, la complémentarité: “Sylvain, c’est l’artiste; le côté business, c’est moi. On le fait naturellement. Dans le quotidien, le nom a tout son sens!

Depuis 2005, le magasin a changé de trottoir et s’est installé face aux stationnements.

La complémentarité des deux copropriétaires s’est développée aussi dans les achats. Pendant une époque, Carol et Sylvain se rendaient tous deux à Montréal choisir les produits qu’ils allaient vendre sur Saint-Jean, l’un étant plus classique, l’autre portant un œil particulier sur l’attrait visuel. Puis, arrivant très fréquemment au même résultat, c’est désormais Carol qui va rencontrer les fournisseurs, et Sylvain qui tient le magasin, même si la recherche se fait à deux. Avec des fournisseurs à choix complets et quelques-uns plus spécialisés mais tous sur Montréal, Carol Proulx et Sylvain Duchesne évitent les problèmes d’importation (taux de change, délais de réception, formalités douanières…). Avoir des fournisseurs au Québec présente également un avantage pour le client qui trouverait ce qu’il cherche, mais pas à la bonne taille ou pas de la bonne couleur: un coup de fil au fournisseur de ce produit suffira pour savoir s’il est possible de le commander et de l’avoir rapidement ou s’il n’existe pas en stock.

Dans le créneau de ce que l’on appelait autrefois la “mercerie pour hommes” (équipement de la tête aux pieds, y compris accessoires et literie), L’Un et l’Autre est probablement unique en haute ville. Ce n’est peut-être pas pour rien que, selon les estimations de Carol Proulx, la moitié de la clientèle vient au moins une à deux fois par saison. Même si «les hommes magasinent plus quand ils ont besoin», la clientèle -dans la tranche d’âge 35/65 ans- suit les tendances de la mode. Une mode qui, au même titre que la peinture ou l’automobile, évolue au fil du temps question coloris. Quant aux motifs des tissus, si les ventes baissent, c’est qu’il est temps de changer de cap. Cela dit, on trouve toujours des coloris neutres, des valeurs sûres en quelque sorte, pour les personnes cherchant des choses plus classiques, plus passe-partout.

En proposant des produits de milieu de gamme dans une large gamme de prix, les deux propriétaires visent «la qualité et la fiabilité à un prix décent», pour «les gens qui aiment les belles choses de qualité», explique Carol. Il voit par ailleurs un avantage à être à l’entrée de la rue Saint-Jean, et non pas à un endroit très passant: l’éloignement des touristes permet de consacrer plus de temps aux clients. «Les gens qui viennent ici, avec le temps, c’est presque des amis», ajoute-t-il.

Pour 2018, les deux copropriétaires ont pris la décision de réduire leurs horaires d’ouverture, mettant fin aux nocturnes, peu utiles dans le créneau spécifique. Désormais, la boutique L’Un et l’autre est ouverte du lundi au vendredi de 10h à 17h30, le samedi de 10h à 17h, et le dimanche de 12h à 17h.

Par | 2018-05-08T12:35:26+00:00 30/04/2018|Catégories : Art de vivre et consommation, Commerces|Mots-clés : , , |0 commentaire

À propos de l'auteur :

Fabien Abitbol
Journaliste depuis 1984, j'ai travaillé pour divers journaux français (régionaux ou nationaux) dont France Antilles, Le Courrier de l'Ouest, La République du Centre, L'Express, Le Monde, ou L'Humanité, ainsi que dans des médias spécialisés (essentiellement dans les secteurs santé-social et éducation). Blogueur depuis 2006, administrateur de la coopérative de journalistes Ensemble, collaborateur régulier de l'InfoBourg, je suis également administrateur du Conseil de quartier Saint-Jean-Baptiste depuis 2014, et résident du quartier depuis 2012.

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