Déambuler sur la colline parlementaire…

Pour la deuxième année consécutive, le spectacle déambulatoire gratuit Où tu vas quand tu dors en marchant…? se produit sur la colline parlementaire. Depuis hier soir, on peut s’émerveiller, réfléchir, rêver, devant les cinq tableaux présentés dans le cadre du parcours, qui donne vie à cet espace souvent déserté après 17h.

L’événement se tient dans le cadre du Carrefour international de théâtre. Réalisé sous la coordination artistique d’Alexandre Fecteau pour la deuxième fois, le parcours s’approprie à nouveau les édifices de la colline Parlementaire pour en faire une immense scène immersive, les jeudis, vendredis, samedis et dimanches du 24 mai au 3 juin 2018 de 21 h à 23 h (en continu), ainsi que le dimanche 3 juin de 15 h à 17 h. Créé en 2009, le spectacle accueille chaque année environ 100 000 spectateurs, dans différents quartiers de Québec. Une centaine de bénévoles s’affaire à orienter le spectateur et le renseigner avec le plus grand des sourires, et un plaisir non-dissimulé. On ne saurait trop vous inviter à en profiter cette fin de semaine ou la suivante.

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Les 5 tableaux présentés l’année dernière sont de retour, et les spectateurs semblent plonger avec ravissement dans les différents mondes proposés, du plus poétique au plus politique.

Le 7e continent d’Élène Pearson, en référence à la surface de la décharge de plastique flottant dans l’océan pacifique, nous submerge de la beauté plastique, et très envahissante, des déchets produits par l’homme. Un monde absurde, qui déborde de tous côtés, pour culminer dans la robe d’une diva, faite de milliers de bouteilles plastique.

Cette installation d’Élène Pearson est fabriquée entièrement de matières recyclées.

Cette installation d’Élène Pearson est fabriquée entièrement de matières recyclées.

La robe de la Diva est composée de 8000 bouteilles de plastique.

Les nervures secrètes de Marie-Josée Bastien se réapproprient la Cour de l’Édifice Marie-Guyart, un immense espace qui s’anime à la tombée du jour pour se couvrir de chants et de fleurs, de corps en mouvement, qui dialoguent en se demandant “réponds-moi avant la fin du monde”… On aimerait que l’installation continue d’habiter cette Cour d’ordinaire si vide.

Cette installation de Marie-Josée Bastien fait naître la couleur et la poésie dans un espace architectural impressionnant et méconnu. On voit ici en arrière une partie de la Coop du Bon-Pasteur. 

Au milieu du béton, les corps s’animent et se rencontrent.

La danse transforme les corps en un tourbillon de fleurs.

La souricière de Christian Lapointe, rue Jacques-Parizeau, nous plonge au coeur de la répression policière, rendue d’autant plus absurde que les mannequins ont des têtes d’animaux. Une installation qui résonne tout particulièrement à l’approche du G7, dans deux semaines.

Christian Lapointe propose une expérience immersive et sensorielle, qui rappelle des événements qui se sont déroulés dans les lieux investis.

Quelques jours avant le G7, l’installation prend une saveur toute particulière. 

On déambule au milieu de l’action, au lieu de se sauver. Les fumées sont remplacés par des bulles de savon.

Le public devient manifestant, et complète le tableau. 

La grande manufacture de Giorgia Volpe, au Parc de l’Amérique-Française, nous plonge dans le quotidien de l’intégration des femmes migrantes au Québec, l’installation rappelle le passé manufacturier de Québec, décochant quelques flèches au passage aux notions de valeurs québécoises, de travail absurde, abrutissant, dénué de sens et de reconnaissance.

Il faut pointer à l’entrée de la manufacture. 

Cette installation de l’artiste brésilienne Giorgia Volpe met en scène des femmes de diverses origines qui ont en commun la pratique d’activités manuelles.

L’installation recycle le plastique pour en faire des hamacs.

Des chemins de vie faits de vis et de boulons et de tout ce qui encombre une maison…

Quand les canes de sirop portent un message.

Mouvement perpétuel de Sophie Thibeault et Maxime Robin, avec la collaboration d’Olivier Normand, sur Promenade des Premiers-Ministres, nous promène le long des âges de la vie, sur des roulettes, au son du Boléro de Ravel (que vous aurez donc en tête pendant le reste de la soirée), joué sur des instruments liés à l’enfance, l’âge adulte… et la vieillesse. Nos pas suivent les notes, vers l’inexorable fin…

Sophie Thibeault et Maxime Robin signent une première conception qui se veut un hymne, inspiré de la métaphore des quatre saisons appliquée aux âges de la vie. Le tout, sur le Boléro de Ravel.

La famille roule…

Une chorale interprète le Boléro de Ravel.

Fin.

À propos de l'auteur :

Québécoise d'adoption depuis 2007 et résidente de Saint-Jean-Baptiste depuis 2012, je suis passionnée de démocratie locale, d'histoire et de patrimoine. Co-fondatrice du Bourdon média collaboratif, je suis également engagée dans divers organismes du quartier, comme le Comité Populaire, Espace Solidaire, et le Comité du patrimoine.

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