Un petit bar de quartier, à l’écart des autres

Le 20 janvier, à l’entrée de la rue Saint-Jean, ouvrait La Caserne 40. Le bar a été nommé en référence au numéro civique qu’il occupe, et à sa proximité avec la caserne nº1 des pompiers de Québec, qui est au 140 rue Saint-Jean, a expliqué au Bourdon le propriétaire de l’établissement, Steve Blouin. Outre un bar de quartier, La Caserne 40 est aussi une petite salle de spectacles, dont le propriétaire ne manque pas d’idées.

Depuis mon arrivée à Québec fin 2012, j’avoue que j’avais du mal à trouver un bar où je me sentais à l’aise en y entrant seul, comme je le faisais souvent à Paris, et encore davantage après le 27 mai 2005, lorsque j’ai cessé l’alcool… Aimer les bars, leur ambiance, leurs potentielles animations, et apprécier les personnes qui les fréquentent n’est pas chose évidente lorsque l’on ne boit plus et qu’on ne sort généralement que seul et sans avoir rien programmé. À Paris, d’ailleurs, durant mes premiers mois d’abstinence, j’avais tendance à éviter mes anciens repaires.

Un grand comptoir à l’entrée, une dizaine de petites tables carrés dans la salle, et trois tables rondes hautes près de la vitre, le tout dans une superficie assez modeste: de par la disposition des lieux, La Caserne 40 se prête aux rencontres. On ne s’y contente pas d’un simple bonjour de politesse, comme presque partout ailleurs, et on n’est pas obligé de presque s’excuser pour se frayer un chemin, puisqu’il y a de la place entre le comptoir et les tables. C’est un lieu où l’on peut chercher une certaine forme d’isolement: c’était manifestement le cas de cette dame, qui finalement y a fait des rencontres.

Vendeur de motos Harley Davidson, le propriétaire Steve Blouin a déjà aussi été propriétaire de bars et de restaurants. À la recherche d’un nouveau local, il est tombé sur ce qui était Le Refuge dans les années 80/90, le Mon Calme par la suite, et pour lui le nom La Caserne 40 s’imposait.

Steve compte bien remettre rapidement de l’ambiance dans cette portion de la rue Saint-Jean particulièrement calme par rapport au reste de l’artère commerciale. Après une période de rodage, le calendrier des animations régulières s’affine, avec karaoké chaque vendredi soir (ainsi que sur demande) et concert chaque samedi soir. Pour le dimanche après-midi, plusieurs idées circulent, mais rien n’est définitif. Ce sera davantage à destination d’une clientèle jeune. De par ses expériences précédentes, M. Blouin explique n’avoir pas de mal à organiser ses soirées du samedi: en gros 80% des artistes sont sollicités par lui, et 20% sont venus le rejoindre par Facebook (la page Facebook s’intitule «La Caserne 40 Bar & Spectacles»).

Deux extincteurs des années 40-50 servent à masquer l’arrivée des bières (Photo FA)

Certaines animations ponctuelles peuvent aussi avoir lieu: par exemple le jeudi 21 juin, ce sera une journée-bénéfice pour la Fédération des Pompiers du Québec (la FPQGB). Ce soir-là, vous serez servis par des pompiers, qui récupéreront les pourboires, ainsi que (de la part du propriétaire) un dollar par pinte de bière achetée. Les pompiers sont du reste omniprésents dans le décor. Les deux casques qui trônent à une extrémité du comptoir (un blanc de lieutenant et un rouge de capitaine), c’est un ami de Steve qui les lui a donnés lorsqu’il a pris sa retraite, et la vitrine sur laquelle ils sont posés sera bientôt ornée de décorations relatives à son travail. Au-dessus du comptoir, tout droit venus de recherches sur Kijiji, d’autres casques servent d’abats-jour. Quant aux pompes à bière, outil essentiel d’un bar, ce sont des extincteurs des années 40/50, adaptés par un spécialiste en aménagement de débits de boissons.

Pour composer son équipe, le propriétaire a pris pour gérante Bélynda, qui a déjà travaillé pour lui, et qui est derrière le comptoir plusieurs soirs par semaine, dont les vendredis et samedis. Il y a également Yvon, résident de Saint-Jean-Baptiste depuis deux ans, ancien officier des forces armées canadiennes, et qui, depuis sa retraite en 2009, a travaillé comme coordonnateur de secteur pour MIELS-Québec puis comme barman pour le… Mon Calme. Et, depuis la mi-mai est arrivé Tommy.

Parmi les choses à venir dans les prochaines semaines, une véritable machine à café (pour l’instant il n’y a que du café-capsules), une petite offre de choses à manger, des smoothies, et un développement de l’offre sans alcool (pour l’instant, à part les sodas, seulement deux bières sans alcool sont proposées). La terrasse, lorsqu’elle sera réinstallée, sera également sans alcool: l’idéal pour faire une petite halte en famille lorsque le soleil est au rendez-vous… même si La Caserne 40 est, en soi, comme une famille en bordure du Faubourg.

Vendredi prochain, le 1er juin, Bélynda fêtera avec un peu d’avance ses vingt-six ans, et plusieurs habitués du bar sont natifs de juin. De bonnes occasions pour s’éloigner des risques de troubles engendrés par le Sommet du G7, sans pour autant sortir du quartier.

Par | 2018-06-02T09:55:16+00:00 27/05/2018|Catégories : Art de vivre et consommation, Commerces|Mots-clés : , |0 commentaire

À propos de l'auteur :

Fabien Abitbol
Journaliste depuis 1984, j'ai travaillé pour divers journaux français (régionaux ou nationaux) dont France Antilles, Le Courrier de l'Ouest, La République du Centre, L'Express, Le Monde, ou L'Humanité, ainsi que dans des médias spécialisés (essentiellement dans les secteurs santé-social et éducation). Blogueur depuis 2006, administrateur de la coopérative de journalistes Ensemble, collaborateur régulier de l'InfoBourg, je suis également administrateur du Conseil de quartier Saint-Jean-Baptiste depuis 2014, et résident du quartier depuis 2012.

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