Cold Blood, la vie au bout des doigts

C’est probablement l’une des performances les plus délicates, poétiques, oniriques à laquelle les spectateurs du Carrefour international de Théâtre peuvent assister: Cold Blood est un vibrant hommage à la vie et au monde du cinéma, dont on sort à regret, les yeux gonflés d’une émotion bienveillante.

La chorégraphe Michèle Anne de Mey, le cinéaste Jaco Van Dormael et le collectif Kiss & Cry unissent leurs talents pour offrir un spectacle qui joue sur les décors miniatures extrêmement réalistes et la projection en grand format du film qui se crée en direct sous nos yeux. On reste fasciné devant cette dualité, permettant à la fois de voir les artifices propres aux effets spéciaux d’avant l’ère de l’animation informatisée, et son résultat diffusé en parallèle sur un grand écran. On passe du cinéma de Méliès à celui des films musicaux des années 1940, en passant par les films noirs, ou ceux de La qualité des décors de ce nano-théâtre et des effets réalisés, sans temps-mort, plonge le spectateur dans l’illusion, l’illusoire, pour mieux lui faire prendre conscience de ce qui compte vraiment.

Les mains, virtuoses (on ne peut qu’être impressionné.e devant le talent de Michèle Anne de Mey), prennent vie, habitent ces décors et parviennent à faire passer toutes sortes d’émotions. Sept morts, sept tableaux, où les mains funambules dansent, se caressent, virevoltent, où, telles les Parques filant la vie des hommes, elles racontent une histoire, celle dont on se souvient quand il est l’heure. La mort absurde, triviale, drôle, inexorable, n’est qu’un prétexte, car Cold Blood célèbre avant tout la vie, et de que l’on emportera au moment de mourir. Ces souvenirs qui remonteront, ces éphémères caresses du vent sur une joue, le goût d’un repas d’enfant, l’odeur de l’herbe fraîchement coupée, les corps que l’on aura tenus contre soi… “Y a-t-il une vie avant la mort?”, telle est la question, à laquelle le texte sensible de Thomas Gunzig apporte quelque chose comme une réponse.

Il reste encore des places pour les représentations de jeudi et vendredi soir. Allez-y, on vous promet que vous en ressortirez émerveillé.e et un peu changé.e.

À propos de l'auteur :

Québécoise d'adoption depuis 2007 et résidente de Saint-Jean-Baptiste depuis 2012, je suis passionnée de démocratie locale, d'histoire et de patrimoine. Co-fondatrice du Bourdon média collaboratif, je suis également engagée dans divers organismes du quartier, comme le Comité Populaire, Espace Solidaire, et le Comité du patrimoine.

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