Une nouvelle fresque au Parc Berthelot

Le quartier Saint-Jean-Baptiste verra naître, le 13 et 14 octobre 2018, une nouvelle fresque au parc Berthelot. Ce projet est une collaboration entre la Maison des Jeunes du quartier Saint-Jean-Baptiste et le Conseil de quartier.

Dans le quartier Saint-Jean-Baptiste, la problématique des tags et graffitis est visible sur de nombreux murs et peut envoyer l’image d’un quartier négligé auprès des résidents et des visiteurs du quartier. En 2017, Saint-Jean-Baptiste était le deuxième quartier le plus vandalisé de l’arrondissement, en termes de graffitis repérés.

Depuis quelques années déjà, le comité d’embellissement par la lutte aux tags indésirables, l’art urbain et le verdissement du Conseil de quartier de Saint‐Jean‐Baptiste (CQSJB) mène des actions :

  • soirée-conférence ayant pour titre “Graffitis: regards croisés sur le phénomène” ;
  • feuillet informatif sur les ressources, trucs et astuces, à disposition des résidents du quartier pour pallier l’apparition de tags indésirables ;
  • trousses de nettoyage anti-graffitis, en prêt libre-service, 100% gratuites ;
  • Concours d’embellissement du quartier.

En décembre 2017, un citoyen et artiste du quartier, Carl Lampron, a rapporté au CQSJB que le muret localisé au parc Berthelot était constamment dévalorisé par des graffitis, malgré un nettoyage régulier. Il y proposait un projet de murale pour embellir l’espace. Le projet a alors été soutenu par le CQSJB et s’est développé tranquillement.

Les projets de fresque sur des bâtiments ou équipements appartenant à l’Arrondissement de la Cité-Limoilou peuvent aller de l’avant dans le cas spécifique de projets de médiation culturelle visant la sensibilisation et la prévention du graffiti. Une médiation culturelle c’est, en quelque sorte, la vulgarisation d’une démarche artistique et son appropriation par un groupe de la population. Elle “désigne le processus de mise en relation entre les sphères de la culture et du social, la construction de nouveaux liens entre politique, culture et espace public. Elle chapeaute un vaste ensemble de pratiques allant des actions de développement des publics à l’art participatif et communautaire. Ultimement, elle vise à faire de chaque personne, visiteur ou spectateur, un véritable acteur culturel“.

Cette démarche est tout à fait cohérente avec le rôle du conseil de quartier, soit de consulter la population sur toute matière concernant le quartier. Il fallait, pour la fresque, une illustration ayant été réfléchie par un groupe de résidents. Étant donné la proximité physique de la Maison des jeunes du quartier Saint-Jean-Baptiste (MDJ) par rapport au muret, il a semblé tout à fait naturel de travailler ensemble, CQSJB et MDJ pour un projet de fresque commun.

Deux artistes ont été approchés pour donner trois ateliers de sensibilisation aux graffitis, d’initiation et de création aux jeunes intéressés par le projet. Il s’agit de Carl Lampron, l’initiateur du projet, et de Patrick Forchild.

Fresque de Carl Lampron, HLM Boisseau à Québec

Carl pratique la peinture de manière instinctive. Il aime évoquer les métaphores, plutôt que des représentations réalistes. Il s’inspire du quotidien, ce qui crée des images qui côtoient l’imperfection et la délicatesse. Par gestes rapides, aux traitements fougueux, ses créations se veulent un éloge à la liberté d’action, une apologie à la spontanéité, à l’authenticité et à la vie sans artifice. Ces dix dernières années, Carl s’est spécialisé dans la production de peinture murale pour les organismes communautaires.

Murale de Carl Lampron à l’École de cirque de Québec
Esquisse, Carl Lampron, 2018

Oeuvre de Patrick Forchild, Saint-Roch, 2016

Quant à lui, Patrick Forchild articule sa démarche artistique autour des pratiques de la peinture, du graffiti et de la photographie. L’artiste-voyageur est aussi un entrepreneur accompli: la compagnie de vêtements AVIVE, qu’il dirige et dont il signe l’essentiel de la facture visuelle, célèbre cette année ses 14 ans. Ses réalisations sont peuplées de personnages et de motifs récurrents qui évoluent au gré de ses déplacements et de ses rencontres. En effet, ses nombreux projets l’amènent à déambuler, d’un support à l’autre (du tableau au mobilier urbain), entre urbanité et ruralité. Actif au sein de la communauté artistique de Québec, Patrick Forchild fait notamment partie des collectifs La Paria et EN MASSE (Montréal) et de UltraFlatBlack/NoirMat.

Au Festibière de Lévis, par Patrick Forchild, 2018.
A Stoneham, en 2015. Par Patrick Forchild.

Avec les différents ateliers artistiques proposés par Carl et Patrick, le projet visait à :

  • sensibiliser les participants à la problématique des graffitis illégaux, aux répercussions sur le milieu et aux solutions positives alternatives;
  • accroître l’esprit créatif des jeunes;
  • renforcer le sentiment d’appartenance des jeunes et des autres usagers au lieu;
  • embellir l’environnement et le cadre de vie des citoyens;
  • Contrer l’apparition de tags et graffitis illégaux sur le muret.

Ces objectifs, difficilement quantifiables, seront néanmoins sans doute atteints. Aux termes de leurs ateliers, les jeunes auront eu la chance de réfléchir et de proposer des thèmes qu’ils veulent voir paraître sur la fresque. La courtepointe de leurs idées se concrétisera lors de la réalisation de murale, le 13 et 14 octobre (ou 20 et 21 octobre, selon la météo). Les jeunes seront invités à peindre eux-mêmes cette murale, en compagnie des deux artistes. Finalement, les jeunes participants pourront fièrement souligner cette belle réussite, lors de l’événement d’inauguration, qui aura lieu le 25 octobre au Parc Berthelot.

Par | 2018-10-19T13:04:01+00:00 11/10/2018|Catégories : Aménagement du territoire|Mots-clés : , , |0 commentaire

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