Jean Rousseau à la rencontre des citoyens de Cap-aux-Diamants

Ce 18 octobre, la salle du troisième étage du Centre culture et environnement Frédéric-Back était pleine; plus d’une cinquantaine de citoyens s’étaient déplacés pour entendre le conseiller du district Cap-aux-Diamants dresser un premier bilan de son mandat, et faire part de leurs préoccupations en tant que résidents des quartiers Montcalm, Saint-Jean-Baptiste, et Vieux-Québec-Cap-Blanc-Colline-Parlementaire.

Le travail de conseiller, on l’apprend sur le tas” déclare Jean Rousseau d’entrée de jeu. Un travail qu’il définit comme un relais entre les citoyens et l’administration municipale, encourageant au passage les citoyens à systématiquement porter plainte* pour que les problèmes qu’ils rencontrent soient traités, et à lui transmettre le numéro de plainte pour qu’il puisse également faire un suivi. “Si vous ne vous plaignez pas, vous vivez dans un parfait bonheur” ajoute t-il, regrettant que les résidents soient vus davantage comme des clients que comme des citoyens.

Avant de laisser la parole aux citoyens, le conseiller a entamé la soirée en revenant sur les enjeux qui l’ont mobilisé depuis le début de son mandat: mobilité durable, cadre de vie et démocratie locale. Préoccupé par la sécurité des piétons (60% des résidents du district se déplacent à pied), la sécurité des abords de l’école Saint-Jean-Baptiste, il soutient le projet de transport structurant tout en s’interrogeant sur le fait que tout semble décidé d’avance, et qu’on ignore encore les impacts routiers du tramway sur René-Lévesque.

Le cadre de vie des quartiers centraux lui tient également à cœur, tant en ce qui a trait à l’hébergement touristique illégal qui gruge un tiers des logements du Vieux-Québec et un nombre important dans le Faubourg, qu’à l’état de l’église Saint-Jean-Baptiste qui se détériore malgré les annonces du rapport Porter, l’absence de compostage, ou encore le projet de bâtir 25 étages sur le basilaire du Delta, alors que le plan particulier d’urbanisme limite la hauteur à 8 étages… Sans oublier les poteaux au milieu des trottoirs, ou le déneigement aléatoire des trottoirs. A ce sujet, le conseiller a rappelé que, selon les appels d’offres, le déneigement doit être fait à la pelle s’il y a un poteau sur le trottoir. Et que “déneigement” signifie que “ça doit être au béton”.

Le conseiller est enfin revenu sur les enjeux de démocratie locale, déplorant que l’on ait perdu le droit au référendum avec l’adoption du plan particulier d’urbanisme, tout en mettant de l’avant le rôle essentiel des conseil de quartier et des citoyens.

Des citoyens impliqués

Les participants ont ensuite été réunis selon leur quartier pour discuter des enjeux qui les préoccupent le plus. Des échanges qui auront permis de constater que les citoyens, loin de se résigner, semblent prêts à se mobiliser plus activement pour agir collectivement, sur le marché du Vieux-Port, la circulation des piétons, la priorisation du déneigement des trottoirs ou encore AirBnb, qui sont des enjeux communs pour les trois quartiers.

Les résidents du Faubourg se sont interrogés sur le Bégin, l’état (chaotique) des trottoirs, la rue Saint-Olivier qui devient une rue de transit en fin d’après-midi (avec la suggestion de créer des sens opposés sur la rue, voire étendre cela à Richelieu), les fils et poteaux “dignes du far-west”, la trop faible canopée, ou encore le fait que rien n’est prévu pour l’alimentation des voitures électriques.

Les citoyens du Vieux-Québec ont déploré la qualité de vie, tant pour les résidents que les touristes, le manque de services de proximité, notamment alimentaires, et que le statut de ville du patrimoine mondial de l’UNESCO est à risque, tant avec le développement du port qu’avec le peu de moyens accordés au faible nombre de propriétaires résidents pour rénover les édifices. Autre problème soulevé: celui de la privatisation des espaces publics, tant le long des quais que dans la Ville lors des événements.

Plusieurs citoyens sont restés discuter avec le conseiller au-delà de la réunion, ou entre-eux. Preuve s’il en fallait que le besoin de s’exprimer ne se limite pas à déposer un bulletin dans l’urne électorale, mais que la démocratie locale passe également par des périodes d’échanges en personne, au sein des associations de citoyens, des conseils de quartier, ou avec les conseillers municipaux.

* Vous pouvez également porter plainte par courriel au 311@ville.quebec.qc.ca si vous souhaitez un numéro de suivi et une trace écrite.

Par | 2018-10-24T11:18:22+00:00 19/10/2018|Catégories : Démocratie locale et citoyenneté, Vie politique|Mots-clés : , |0 commentaire

À propos de l'auteur :

Québécoise d'adoption depuis 2007 et résidente de Saint-Jean-Baptiste depuis 2012, je suis passionnée de démocratie locale, d'histoire et de patrimoine. Co-fondatrice du Bourdon média collaboratif, je suis également engagée dans divers organismes du quartier, comme le Comité Populaire, Espace Solidaire, et le Comité du patrimoine.

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