Saint-Louis-de-Gonzague: un appui mitigé au projet

La séance de consultation publique qui s’est tenue le 22 octobre à l’Hôtel de Ville aura mis en lumière des avis divergents: si le conseil de quartier Vieux-Québec / Cap-Blanc / Colline-Parlementaire appuie le projet, plusieurs citoyens ont manifesté leur mécontentement, tant pour des raisons d’harmonie du patrimoine bâti, de mixité sociale ou de simple respect des règles du Plan particulier d’urbanisme (PPU).

La rencontre, en présence de Geneviève Hamelin, présidente de l’arrondissement la Cité-Limoilou, Jean Rousseau, conseiller du district Cap-aux-Diamants et Caroline Houde, urbaniste à l’arrondissement la Cité-Limoilou, ainsi que les promoteurs immobiliers impliqués, et à laquelle une cinquantaine de citoyens ont assisté, aura permis de voir des images et plans un peu plus précis du projet de 200 unités d’habitations. Pour Saint-Louis-de-Gonzague, la demande de modification du PPU provient essentiellement de la taille du projet, qui atteint une hauteur globale de 22 mètres sur l’ensemble du site quand le PPU n’en n’autorise que 16 (lire ici notre article précédent pour le détail des modifications demandées).

Vue aérienne du site. Photo courtoisie.

Le conseil de quartier du Vieux-Québec, représenté par son président Alain Samson, a présenté ses conclusions, recueillies au cours de la demande d’opinion du 9 octobre dernier, et à laquelle une trentaine de citoyens avaient participé. Le conseil recommande d’approuver les modifications du PPU, “à la condition d’y prévoir 10% de logements communautaires. M. Campeau vient d’en prendre l’engagement, j’en suis très satisfait” a-t-il poursuivi, en le remerciant de la démarche d’acceptabilité sociale entreprise avec les résidents. Ainsi, GM Développement a modifié son projet initial, pour tenir compte des avis des résidents.

Serge Viau, résident du Vieux-Québec, a quant à lui manifesté sa ferme opposition: “on est dans l’arrondissement historique, sur un site patrimonial, classé au patrimoine mondial. On doit suivre des règles. En quoi un édifice de 11 étages, à cet endroit, vient rehausser la qualité d’ensemble du Vieux-Québec? Je pense qu’on fait une erreur majeure de design urbain” a-t-il déclaré, ajoutant que “la démolition de la tour de l’Hôtel-Dieu fait consensus, mais on construit 11 étages ici”. Un avis partagé par Anne Guérette, ancienne conseillère du district Cap-aux-Diamants: “C’est la première fois que je me prononce. C’est un projet sur lequel j’avais travaillé avec des citoyens depuis 2013. On voulait un projet de développement à échelle humaine, où il y aurait une mixité, un projet à la hauteur de la beauté de Québec ville du Patrimoine mondial. Aujourd’hui, à mes yeux, c’est monstrueux. Quand je vois la tour de la Banque royale, construite dans les années 1970, c’est le même genre de gabarit, qui n’est nullement à la hauteur de ce dont le Vieux-Québec aurait besoin”.

Marie-Ève Duchesne, pour le Comité Populaire Saint-Jean-Baptiste, a tenu à rappeler que depuis 2013, l’organisme accompagne les requérants du projet de coopérative La Contrescarpe, qui avait des vues sur ce terrains, et qui pourrait travailler de concert avec le promoteur pour s’assurer que les 10% de logements abordables le soient vraiment. En effet, la notion même de logement abordable est floue. Un avis appuyé par un citoyen du Vieux-Québec, qui déplore la disparition de la mixité sociale dans le Vieux-Québec. “À force de bâtir des condos, il ne restera plus de logements à prix abordables, raisonnables, pour des gens à faibles revenus. Dans la Charte de la Ville de Québec, vous avez l’obligation de faire du logement social” a ainsi déclaré M. Piché.

Plusieurs citoyens se sont également déclarés insatisfaits par le non-respect du PPU, sur lequel de nombreuses personnes ont travaillé. “On gère par exception, par dérogation. On est rendu en 2018, et on a déjà quatre modifications [du PPU, ndlr]. Pourquoi fait-on travailler les gens à bâtir le PPU si au fil du temps ou des idées d’un promoteur on dit go go go on va t’arranger ça” a ainsi regretté un citoyen, rappelant l’exemple du Phare à Sainte-Foy.

Une approbation timide donc, pour le projet de l’îlot Saint-Louis-de-Gonzague, mais une approbation tout de même, dont s’est satisfaite Geneviève Hamelin. Notons néanmoins que le projet n’est pas encore sorti de terre, car il devra obtenir l’autorisation du Ministère de la culture avant de débuter. Un dossier à suivre!

À propos de l'auteur :

Québécoise d'adoption depuis 2007 et résidente de Saint-Jean-Baptiste depuis 2012, je suis passionnée de démocratie locale, d'histoire et de patrimoine. Co-fondatrice du Bourdon média collaboratif, je suis également engagée dans divers organismes du quartier, comme le Comité Populaire, Espace Solidaire, et le Comité du patrimoine.

Un commentaire

  1. Denis Castonguay 24 octobre 2018 à 15 h 37 min - Répondre

    Je trouve absolument aberrant que l’on ose proposer un tel projet, de cette envergure à l’intérieur de l’arrondissement historique du Vieux-Quebec, environnement historique au provincial et à l’UNESCO! Je ne comprends vraiment pas comment il se fait que la Ville ose même penser changer le zonage. Il y a ici, encore une fois, deux poids deux mesures : on veut ériger un édifice de 11 étages dans ce secteur alors que, tout récemment, on songeait retirer six étages (sur 14) à la tour de l’Hotel-Dieu… comme le rappelle M. Viau. Aller de l’avant avec des projets semblables, c’est peut-etre un danger de perdre la reconnaissance de l’UNESCO?
    Je trouve donc déconcertant que l’on soit encore dans ce genre de débat en 2018!

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