Lascaux: conte poétique minimaliste

Lascaux, coproduction du Théâtre Bouches Décousues et du Théâtre Pupulus Mordicus, a pris l’affiche au Périscope ce 15 janvier. Les spectateurs ont jusqu’au 2 février prochain pour assister à ce spectacle qui évoque les mythes et la genèse d’un monde que les premiers hommes se transmettaient à l’abri des cavernes…

Fuyant une guerre, Madeleine (interprétée par Marjorie Vaillancourt) tombe dans une caverne. Une caverne qui est aussi le ventre de la Terre et qui est occupée par la tortue Dordogne (dont la voix est portée par Éva Daigle). La tortue, animal sacré à l’origine de la création de la Terre pour plusieurs peuples autochtones, symbolique de la Terre-Mère et dont la carapace est le symbole de la protection envers des blessures humaines.

C’est dans cet univers étrange et sombre qu’elle mettra au monde un fils, Lascaux (comme la grotte qui se trouve en… Dordogne, et qui est l’une des plus importantes grottes ornées du Paléolithique). Un fils à qui elle cherche à confier, dans l’urgence, des rudiments d’humanité. Lascaux, d’abord marionnette imaginée par Pierre Robitaille, prendra vie sous les yeux du spectateur, et passera des bras de sa mère aux mots de Dordogne, grand-mère du monde qui lui transmettra ce qu’elle pourra. Et devenu jeune homme, Lascaux (Jules Ronfard) devra faire son propre chemin…

Il y a de très beaux et éphémères moments de poésie, d’intime, dans Lascaux, portés par une scénographie très réussie. On ne peut que saluer le talent de la scénographe Erica Schmitz, qui parvient à réaliser sur la scène du périscope une caverne-matrice à la fois réaliste et onirique, appuyée par les jeux d’ombres et de lumière de Marcelle Hudon et Thomas Godefroid.

Un conte minimaliste, car Lascaux va chercher l’humain dans ce qu’il a de plus intime, de ce qui reste quand tout a disparu, avec une économie de mots pour aller à l’essentiel, aux sensations, et vers la renaissance de l’homme. La pièce, conçue pour être hors du temps, est riche en métaphores et en symboles immuables et qui nous amènent à interroger notre présent. Il était une fois… et il sera un jour… ce que nous en ferons.

Par | 2019-01-27T20:34:43+00:00 15/01/2019|Catégories : Culture et éducation|Mots-clés : , , |2 Commentaires

À propos de l'auteur :

Québécoise d'adoption depuis 2007 et résidente de Saint-Jean-Baptiste depuis 2012, je suis passionnée de démocratie locale, d'histoire et de patrimoine. Co-fondatrice du Bourdon média collaboratif, je suis également engagée dans divers organismes du quartier, comme le Comité Populaire, Espace Solidaire, et le Comité du patrimoine.

2 Comments

  1. Pierre Robitaille 16 janvier 2019 à 12 h 40 min - Répondre

    Une petite coquille Pascaline: Madeleine est interprétée par Marjorie Vaillancourt et Dordogne par Eva Daigle. Et …Merci!

    • Pascaline Lamare 16 janvier 2019 à 12 h 51 min - Répondre

      Oh! Toutes mes excuses, c’est corrigé. Merci de nous l’avoir fait remarquer!

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