Maria et les vies rêvées, théâtre citoyen

Plongée dans le théâtre politique au Périscope, avec Maria et les vies rêvées, qui, jusqu’au 30 mars prochain, brouille les frontières entre le théâtre et la réalité, entre acteurs et citoyens, pour faire du théâtre l’antichambre des possibles, des changements de société.

Maria, c’est celle à qui on donne une voix. Une voix qui résonne dans celle des comédiens tout comme dans les accents de son Brésil natal. C’est un parcours d’émigration, d’intégration plus ou moins chaotique, plus ou moins réussi. De Sao Paulo à Montréal en passant par Vancouver. Une histoire où les souvenirs d’enfance de Maria reviennent à la surface, où l’histoire politique se mêle à l’intime, où la personne et le personnage finissent par ne faire qu’un. Créant une fiction biographique, la mise en scène éclatée parle à la fois du théâtre, de son rôle social, de la rencontre des cultures et des attentes de ceux qui cherchent un monde meilleur.

Car Maria et les vies rêvées n’est pas tant une pièce de théâtre qu’une réflexion pédagogique sur le rôle politique d’un théâtre pour les citoyens. Et l’on comprend alors mieux pourquoi Philippe Soldevila parle d’une “coproduction de coeur” avec Ubus Théâtre, lorsqu’il présente la pièce en ce soir de première: on est dans la suite des réflexions entamées avec le triptyque Les trois exils de Christian E., Le long voyage de Pierre-Guy B. et L’incroyable légèreté de Luc L. La brésilienne Maria permet ainsi d’évoquer très concrètement le théâtre politique, engagé et social d’Augusto Boal, fondateur du Théâtre de l’Opprimé, figure marquante dans la vie de Maria. Un théâtre qui sortait de l’institution pour aller là où se trouve le peuple, et lui donner la parole au lieu de se l’approprier pour la redonner à un public bourgeois.

Coproduction du théâtre Sortie de secours et Ubus Théâtre, Maria et les vies rêvées est accompagnée de multiples activités satellites, qui offrent dans le foyer du théâtre ou dans un bus jaune à l’extérieur un espace de création à des femmes ayant connu la migration ou ayant subi différentes sortes d’oppression. Ainsi, les samedis, 16, 23 et 30 mars à 17 h dans l’autobus Ubus Théâtre devant le Périscope, on pourra assister à la projection d’un documentaire sur les mémoires de femmes immigrantes de la ville de Québec. Avant chaque représentation, les capsules-vidéo Nous-Rire Le Monde, réalisées par Clarisse Rebouças du Centre des Femmes de la Basse Ville, seront diffusées dans le foyer du théâtre. Signalons également la projection, dans le foyer, d’un documentaire “Porter notre dignité” ou encore une exposition photographique de Gitté Hartog, “Courage des femmes autochtones“.

L’autobus Ubus Théâtre se trouve devant le Périscope. On peut y assister à la projection d’un documentaire sur les mémoires de femmes immigrantes de la ville de Québec. Photo droits réservés.

Par | 2019-03-13T09:25:10+00:00 12/03/2019|Catégories : À la Une, Culture et éducation|Mots-clés : , , |0 commentaire

À propos de l'auteur :

Québécoise d'adoption depuis 2007 et résidente de Saint-Jean-Baptiste depuis 2012, je suis passionnée de démocratie locale, d'histoire et de patrimoine. Co-fondatrice du Bourdon média collaboratif, je suis également engagée dans divers organismes du quartier, comme le Comité Populaire, Espace Solidaire, et le Comité du patrimoine.

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