Déneigement: de grandes disparités de traitement

Presque quatre semaines que le conseiller (Démocratie Québec) de Cap-aux-Diamants l’avait annoncée, deux semaines que l’on connaissait la date et le lieu : plus de quarante personnes ont participé mercredi 13 mars au soir à la consultation organisée par Jean Rousseau sur le déneigement.

Des citoyens étaient venus d’un peu partout, dont  Stevens Melançon, président (Québec 21) de l’arrondissement de Beauport -qui compte organiser sous peu un tel événement-, Raynald Pelletier (de Vanier), président du conseil d’administration du CAPVISH, et plusieurs déneigeurs.

« L’hiver a été dur pour tout le monde », lisait-on voici quelques jours dans Le Bourdon. En fait, il fut plus dur, mais pour diverses raisons, qui ont engendré mercredi 13 mars au soir des témoignages divers et des idées intéressantes. Invité par Jean Rousseau à témoigner, Raynald Pelletier (qui en novembre 2018 participait aux préconsultations sur le Défi Villes Intelligentes), expliqua à l’assistance cet hiver, pour lui pire que 2008. Alors qu’à l’hiver record du 400e de la Ville il ne dépassait pas les 48h coincé chez lui, cette année il lui est arrivé de rester cloîtré à son domicile durant trois jours. Le déneigement à Vanier semble aller de mal en pis, comme il l’expliquait le mois dernier au JdQ.

Mais le comble c’est que d’autres citoyens souffrent, eux, de trop de zèle de la part des déneigeurs.

Par exemple, Marie-Hélène Parent, qui réside dans le Vieux-Québec à proximité de la Citadelle, a tourné fin février une vidéo qui montre entre autres une voiture se faire enlever alors que la chaussée est propre. Et des camions qui passent et repassent, pour rien. Pourtant, l’ensemble du Vieux-Québec est loin d’être bien dégagé l’hiver, y compris la Place d’Youville.

Un résident de Arago Ouest a pour sa part raconté que, à plusieurs reprises, il a dû enlever sa voiture pour cause de déneigement (car les feux clignotaient) mais que sa rue avait déjà été nettoyée au ras du béton. Et ce résident d’expliquer qu’il a probablement fait plus de kilomètres cet hiver pour déplacer sa voiture que pour son usage personnel.

Ce type de situations a de quoi exaspérer, entre autres à Saint-Jean-Baptiste. Un résident de la rue Lockwell a expliqué au Bourdon qu’il faut environ trois-quarts d’heure pour qu’un petit Bombardier tente de nettoyer devant le Parc Lockwell, tant l’équipement n’est pas adapté aux besoins. L’engin pousse et repousse la neige, tant et si bien que ça en fait un tas. En fait, il semble que depuis trois ans les grattes de trottoir sont trop grosses et trop larges. C’est peut-être ce qui explique que les trottoirs dans Saint-Jean-Baptiste deviennent en pente l’hiver dès qu’il neige un peu trop.

Quelques suggestions

Les andains devraient être nettoyés plus rapidement, pour au moins faciliter la circulation des autobus. Comme on a pu lire récemment, le 807 a été dérouté cet hiver plus souvent que les hivers précédents. Ce qui n’empêcherait pas, d’ailleurs, de déléguer une partie de la responsabilité au RTC, comme cela fut suggéré.

Un constat entre autres à Saint-Jean-Baptiste est également de mise: l’absence de coordination entre les déneigeurs de rues et ceux de trottoirs. Ainsi le piéton est toujours lésé. Sans compter les zones particulièrement maltraitées, comme aux abords de l’escalier Lépine, où le conseiller Rousseau a dit que tout de même cela avait été praticable un jour où Hydro-Québec effectuait des travaux.

Plusieurs résidents ont estimé que le travail serait mieux fait en régie plutôt que par morcellement de marchés à des entrepreneurs dont les employés doivent chaque fois apprendre à appréhender un quartier. Et peut-être faudrait-il mettre en régie par priorité les quartiers denses, dont le Vieux-Québec. Sur l’ensemble des 2.385km de voies de circulation à déneiger, 54% sont en régie, et 46% en contrat. Les contractants sont en fait des entreprises de la construction qui, en hiver, n’ont pas de chantier en cours: ils font ainsi coup double avec les engins et le personnel.

Dans divers quartiers, dont Saint-Jean-Baptiste, on s’accorde à dire que les choses se sont dégradées au fil des ans, et principalement depuis trois ans. Les deux priorités du groupe de travail où étaient les résidents de Saint-Jean-Baptiste étaient une meilleure allocation des ressources et une meilleure coordination des actions.

La soirée de consultation a duré trois heures (jusqu’à 22h), y compris pour Poupoule et Poulette, qui chacune faisait office de prix de présence pour celles et ceux restant jusqu’à la fin. La gagnante et le gagnant ont pour mission de les faire disparaître avant l’apparition des nids de poule!

Vous pouvez aussi avoir un aperçu de cette soirée de Ici Québec.

Des contrats méconnus

En début de soirée, après la prise de parole de Raynald Pelletier, le conseiller Rousseau s’est livré à diverses explications tandis que son adjointe Élodie Chamard-Bergeron diffusait des images. Outre diverses règles sur le déneigement, que globalement nous connaissons ou avons appris à connaître depuis dix ans que l’actuelle politique de déneigement est en vigueur, nous avons pu obtenir des précisions sur les contrats avec les entreprises privées. Morceaux choisis:

  • «Certaines zones comportent des difficultés au niveau des trottoirs, ceux-ci présentant plus d’obstacles et des largeurs réduites. De plus, à certains endroits, l’eau provenant des toits et des gouttières se déverse et gèle sur le trottoir et dans la rue. Le fournisseur doit porter une attention spéciale a cette réalité et ajuster ses opérations de manière a maintenir ces trottoirs sécuritaires et entretenus conformément au présent devis.»
  • «Le fournisseur doit prendre soin de nettoyer complètement, de toute neige ou de toute glace les arrières d’obstacles (poteaux, poteaux d’incendie, etc.) sur les trottoirs.»
  • «Le fournisseur doit utiliser, au besoin, des méthodes manuelles et/ou du petit équipement pour l’entretien de ces endroits et aussi pour l’entretien de toute autre surface de trottoirs où des véhicules stationnés empêcheraient l’utilisation d’équipement mécanisé.»

Par | 2019-03-14T05:04:48+00:00 14/03/2019|Catégories : À la Une, Démocratie locale et citoyenneté|Mots-clés : , , |0 commentaire

À propos de l'auteur :

Journaliste depuis 1984, j'ai travaillé pour divers journaux français (régionaux ou nationaux) dont France Antilles, Le Courrier de l'Ouest, La République du Centre, L'Express, Le Monde, ou L'Humanité, ainsi que dans des médias spécialisés (essentiellement dans les secteurs santé-social et éducation). Blogueur depuis 2006, administrateur de la coopérative de journalisme indépendant, collaborateur régulier de l'InfoBourg, je suis également administrateur du Conseil de quartier Saint-Jean-Baptiste depuis 2014, et résident du quartier depuis 2012.

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