L’Épicerie Scott, un concept atypique et chaleureux

L’Épicerie Scott fêtera ses trois ans fin mai 2019. Nous sommes allés rencontrer son propriétaire, Alex, hyperactif heureux qui porte un projet à l’image du quartier: solidaire, chaleureux et qui goûte bon.

Quand l’épicerie Scott a ouvert en 2016, le défi était grand: implanter une épicerie-café là où se trouvait un dépanneur un peu vieillot. Désormais, poussez la porte de l’épicerie Scott, et si c’est la première fois, vous resterez un peu surpris par l’endroit, atypique et invitant. Et puis vous y retournerez. Quelque part entre l’épicerie locale, le café de quartier, et le comptoir de petits plats salés et sucrés auxquels on résiste difficilement, on y sirote un café en lisant, seul ou entre amis, on y passe en courant pour ramasser de quoi boire et grignoter chez des amis, ou un petit plat quand on a pas envie de se faire à manger le soir en rentrant.

Je commence à être là où je voudrais être” nous dit-il, et on réalise rapidement qu’avec toute l’énergie qu’il a mis dans le projet, il peut être assez fier de son commerce. Au départ, le projet a réuni Alex et un ami cuisinier, qui cherchaient un endroit où développer une idée à cheval entre l’épicerie, le café, et le dépanneur. L’opportunité est arrivée plus vite que prévue, et après quelques travaux, l’Épicerie Scott ouvrait ses portes. Depuis mai-2017, il est seul maître à bord, et gère tout sur place, de 8h à 23h: livraisons, mise en rayon, cuisine, service, le tout avec une humeur constante. Et quand il n’est pas là, c’est qu’il est parti faire des courses pour l’épicerie. Enfin, presque le seul maître à bord, puisque sa conjointe Véro est tout aussi impliquée dans l’affaire, et qu’ils trouvent le temps d’élever une jeune famille ensemble. Mais c’est à lui que revient l’honneur d’écourter ses nuits lorsque l’alarme part dans le commerce. Après tout, qui a besoin de dormir?

Avril 2019, tous droits réservés.

La bouffe, cuisinée sur place de A à Z, lui amène beaucoup de clientèle, qui peut acheter et consommer dans l’aire de dégustation. “Je fais tout tout tout, et j’apprends en même temps que je fais”. Presque tout doit-on nuancer: c’est à sa conjointe que l’on doit les fameux muffins (qui disparaissent plus vite que leur ombre tant ils sont en demande), la soupe, le dahl ou certains sandwichs, et c’est elle que l’on voit tout aussi souvent que lui dans les lieux. Mais c’est à lui que l’on doit le pudding chômeur, dont la réputation n’est plus à faire, et la préparation de bœuf braisé aux oignons qui finissait ce soir-là dans des tortillas nous a fait saliver pas à peu près. “Mais je n’arrive pas à fournir”, regrette-il, ajoutant du même souffle qu’engager un cuisinier ferait augmenter les prix, et qu’il ne le souhaite pas. Car on touche là à l’un des aspects les plus sympathiques de l’épicerie: l’esprit communautaire, qui se traduit par des prix des plus abordables, que ce soit pour les produits comme la bière ou les croustilles, ou ce qui est cuisiné sur place. Et qui se concrétise également par le fait qu’il accepte le BLÉ, la monnaie locale, ou quand il fournir la bière au prix coûtant pour la soirée non-mixte au Centre Lucien-Borne le 8 mars dernier.

Trois ans après avoir ouvert, “je commence à être là où je voudrais être et à avoir la clientèle que je voulais” dit-il. Désormais, l’épicerie est fréquentée par une clientèle beaucoup plus locale, qui réside notamment dans les coopératives d’habitation à proximité, ou les touristes de passage, à qui l’épicerie est recommandée. Tranquillement, ce sont aussi les employés de la Colline parlementaire qui descendent le midi pour leur pause-dîner.

Nous avons d’ailleurs pu le constater: l’endroit est tout sauf calme en termes d’achalandage. En une heure un soir de semaine, ce sont près de 50 personnes qui ont poussé la porte de l’épicerie. Certaines pour chercher de quoi boire, d’autres de quoi manger, et certains pour se poser le temps d’un café et jaser avec nous. Des résidents de tous horizons. Il faut dire, l’endroit est assez invitant, et favorise le brassage. Et ce n’est pas Alex qui vous mettrait dehors si vous vous posez plus d’une heure avec juste un café, ce n’est pas vraiment l’esprit de la maison. Peut-être même que vous serez assez chanceux pour profiter de la table tournante et de l’étonnante collection de vinyles, une bulle qui lui a pris il y a quelque temps.

Alex a encore beaucoup de projets, et on lui souhaite de trouver le temps pour les réaliser. Ainsi, il aimerait trouver le temps d’accrocher deux des dernières œuvres d’Edmé Étienne, disparu il y a peu. Ou faire une murale sur le mur extérieur. Un projet que sera peut-être plus facile maintenant que la Ville s’apprête à alléger sa réglementation en matière d’urbanisme… Et le cas échéant, soyez certains que nous vous en reparlerons!

À propos de l'auteur :

Québécoise d'adoption depuis 2007 et résidente de Saint-Jean-Baptiste depuis 2012, je suis passionnée de démocratie locale, d'histoire et de patrimoine. Co-fondatrice du Bourdon média collaboratif, je suis également engagée dans divers organismes du quartier, comme le Comité Populaire, Espace Solidaire, et le Comité du patrimoine.

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