Avis à ceux qui n’en aurait pas poussé la porte récemment: le Troquet-sport du Billig s’est non seulement refait une beauté, mais propose désormais un comptoir de produits maison à emporter. Nous sommes allés à la rencontre d’Yves Le Liboux, copropriétaire, et de Claude Marcotte, qui travaille au Troquet et à la Crêperie du Billig, pour en savoir plus.

On voulait rendre l’endroit plus accueillant et accessible à des non-sportifs” dit d’entrée de jeu Yves Le Liboux. Et effectivement, si l’esprit sport demeure, il suffit de rentrer dans les lieux pour voir que l’ambiance a quelque peu évolué. La peinture a été refaite, dans des tons bleus-verts, et un nouvel éclairage a été installé, permettant de jouer avec l’intensité de la lumière, sa couleur, et créer ainsi plusieurs ambiances. “On garde l’esprit convivial” nous dit Claude Marcotte, qui précise que l’endroit est idéal pour venir prendre un apéro autour d’une planche (l’expérience a convaincu nos estomacs plus d’une fois, ndlr). Le côté restaurant du Billig demeure un coin plus familial.

Autre nouveauté, côtés papilles gustatives cette fois-ci: les planches seront désormais préparées dans la partie Troquet, au comptoir, devant les clients. La maison offre un maximum de produits fait-maison, que ce soit sur les planches, ou, autre nouveauté, désormais à emporter grâce à la vitrine installée sur le comptoir du Troquet. Cassoulet, charcuteries et autres produits sous vide seront disponibles à la vente. Il faut dire qu’Yves est fils de charcutier breton… « Je n’ai jamais voulu travailler avec mon père mais ça me rattrape! » dit-il en rigolant. Il travaille avec les produits de la Ferme Turlo (Bellechasse), et avec des produits du marché. On peut également y trouver des fruits de mer, des huîtres, ainsi que des produits végétariens: guacamole, houmous, pâté en croûte aux légumes, etc.), le tout fait maison, évidemment.

Le Troquet du Billig, une histoire locale

Le Billig et le Troquet font partie du paysage de Saint-Jean-Baptiste. Si Yves est arrivé au Québec il y a 17 ans, le Billig fêtera ses 15 ans en décembre. “L’idée m’est venue dès le premier jour, ouvrir une crêperie”, dit-il. Longtemps, la crêperie est restée dans le petit local du 526 rue Saint-Jean, presqu’en face de son local actuel. Peu de temps après avoir emménagé au 481 rue Saint-Jean, il a été possible d’agrandir la surface grâce au local adjacent. Natacha, la conjointe d’Yves, l’a alors fortement incité à ouvrir un espace consacré au sport. Amoureux du Stade Rennais (club de soccer de Rennes en Bretagne, ndlr), Yves avait toujours voulu avoir au moins une télé dans son ancien local pour pouvoir regarder les matches du club. Et c’est ainsi qu’est né le premier bar sportif du quartier, ancré dans la tradition française des troquets-sport.

L’endroit est rapidement devenu un lieu de rassemblement pour les amateurs de soccer, latinos, européens (surtout les français, qui sont nombreux à vivre dans le Faubourg) et les québécois. Claude précise qu’ »on les voit très peu en dehors des matchs, mais ils deviennent de moins en moins timides. Il y a une communauté qui se rassemblent autour des matches« . Et au Troquet, il n’y a pas que le soccer: on y diffuse beaucoup d’autres sports, comme le hockey, le tennis, le football, etc.

De son côté, le Billig accueille une clientèle locale, mais surtout beaucoup de touristes américains et asiatiques- près de 80% – même l’hiver. “Je crois qu’un touriste américain se dit “c’est comme en France, il faut manger une crêpe”, et les hôtels nous les réfèrent beaucoup” indique Claude, qui n’hésite pas à les rediriger vers d’autres activités du quartier, comme les soirées jazz au Fou-Bar. Certains touristes reviennent même chaque année. On les comprend!

Un bar et un restaurant ancrés dans le quartier

Le Billig et le Troquet s’impliquent auprès de plusieurs organisations locales, et est partenaire des soirées de contes des Amis imaginaire, de la Ligue d’improvisation musicale. On leur doit également l’initiative du Tournoi puck & bottines en 2018, au profit du réaménagement de la cour de l’école Saint-Jean-Baptiste.

On le vit notre quartier” dit Claude; Yves a siégé au sein du conseil d’administration de la société de développement commercial, organise ses activités selon une approche quartier, et privilégie le plus possible l’achat local, afin de garantir une qualité de service. Il vit également avec sa conjointe dans le quartier depuis de nombreuses années. “Sans Natacha, il n’y aurait de Billig ni de Troquet » dit-il. Elle gère l’équipe, qui compte une vingtaine d’employé·es, et dont la plupart vivent également dans le quartier. Plusieurs étudiants du conservatoire de théâtre y travaillent tous les ans pendant leurs études. La majorité des membres du staff sont fidèles depuis des années, fait assez rare dans le domaine.

Claude précise que ce sont « des patrons super chouettes, intègres« , ajoutant qu’il apprécie particulièrement travailler dans une ambiance de « convivialité, de fierté et d’éthique”, et que les patrons arrivent à transmettre à leurs employés. Et c’est bien ce que l’on ressent lorsque l’on pousse la porte du Troquet ou de la crêperie. Un petit morceau de Bretagne transposé au cœur du faubourg, et qui contribue à sa vie quotidienne.

Avis aux intéressé·es: le Troquet a pratiquement toujours une guitare qui traîne derrière le comptoir… “On a eu des belles fermetures” nous précise Claude. On souhaite au Troquet beaucoup d’autres soirées animées, qui font vivre l’esprit du quartier!