Les spectateurs n’ont malheureusement que quelques jours pour plonger dans l’univers de Néon Boréal au Périscope, et c’est bien dommage. Car le portrait de l’Amérique qui nous est dressé dans cette expérience audio-immersive est tout à fait intéressant, à l’encontre des clichés que l’on véhicule sur les États-Unis.

On avouera bien humblement qu’on ne savait pas trop à quoi s’attendre en assistant à la première, ni pendant les cinq premières minutes. La surprise fut néanmoins excellente, et on ne saurait trop vous conseiller de vous rendre au Périscope d’ici au 14 mars pour assister à ce drôle d’objet théâtral qui nous présente une galerie de portraits touchants.

C’est après l’élection de Donald Trump en 2016 que Louis-Philippe Roy et Josianne T Lavoie, les deux créateurs, partent dans deux villes américaines aux antipodes: Las Vegas et Barrow (Utqiagvik) en Alaska. Et de leur conversations avec des personnages locaux naissent les dialogues qui sont présentés dans Néon Boréal, dans une mise en scène sobre, et qui se traduit en épisodes de balado-diffusion auxquels on assiste en direct. Un peu comme si les personnages se mettaient à sortir de la radio.

Deux épisodes différents, d’une durée d’une heure environ chaque, sont présentés chaque soir (pour un total de quatre), mettant en scène, et en ondes sonores, une galerie de portraits qui permettent d’aller au-delà des stéréotypes sur les américains. Étrangement, c’est en se rendant dans des lieux hors-normes comme Las Vegas ou Barrow (localité la plus septentrionale des États-Unis) que l’on parvient à accrocher des bouts d’humanité tout à fait étonnants. Des histoires simples ou complexes, au milieu des déserts (de sable ou de glace), qui nous font réfléchir, l’espace d’un instant, à l’improbable, à la fatalité, aux rêves et aux aspirations de chacun.

On regrettera que le temps ait sans doute découragé les spectateurs hier soir. Les happy few qui ont pu assister à Néon Boréal ont pu profiter d’un spectacle intime, porté par des acteurs dont la fraîcheur sied tout à fait au projet, notamment lorsqu’ils campent de jeunes personnages.

Les épisodes

Épisode 1 | THAT AMERICAN LIFE : ALL STARS EDITION

Comment les vies d’une serveuse du Hooters, d’une femme de chambre colombienne et d’un républicain de Barrow peuvent former, ensemble, une seule et même constellation? Que retrouve-t-on au-delà du stéréotype, quand on gratte le givre de ces trois All Stars. Un épisode qui frôle les brainfreezes de slush du 7-Eleven.

Épisode 2 | J’AIME HOOVER DAM

Dans la poussière qui crépite de la route 66 et la banquise No Tourists qui se referme, laissez-nous vous entrainer en territoires improbables afin de découvrir le destin d’une tenancière redoutable, aussi crainte que respectée et d’un acrobate à la malédiction familiale enracinée dans la roche. Un épisode aux histoires de destinées invraisemblables et tragiques, assez ardentes pour dégeler la toundra, réveiller les morts et la préhistoire. Yabba-Dabba-Doo.

Épisode 3 | ONLY FOOLS RUSH IN

Des fontaines du Bellagio aux aurores boréales, pourquoi sommes-nous incontrôlablement fascinés par l’inexplicable et le grandiose? Des lumières polaires aux lumières qui s’éteignent, de la passion aveuglante aux amours impossibles, nous allons à la rencontre d’une poète singulière, d’un cimetière de néons déchus et d’une fanatique du King. Un épisode sans safety dans les bras d’Elvis Presley.

Épisode 4 | THE ONE WITH THE BIRTHDAY PROGRAM

Des lignes de friture du restaurant White Castle aux S.O.S. frigorifiés du navire Aurora Artic, nous couvrirons près de 5000 kilomètres pour reconstruire, contre vents, marées et chapelles, le fil d’une love story à la dérive. Nous crierons Vive les mariés! comme on crie Mayday! Un épisode imprévu, un récit tragique qui a pris toute l’équipe de production de Néon Boréal au dépourvu.