Depuis le 4 mars, on peut assister à quelques représentations d’Intersections au Périscope. La particularité? Nous plonger dans cinq mouvements sociaux très récents, d’une manière à la fois intime et universelle. Une pièce bien plus interactive et personnelle que la majorité des zoom auxquels vous avez dû assister depuis une année.

Intersections part de l’expérience individuelle vécue par cinq jeunes personnes lors de soulèvements populaires, et nous plonge dans le mouvement vert de Téhéran en 2009, la révolution tunisienne de 2010, le mouvement des indignés à Barcelone en 2011, le printemps érable de 2012, et le Mouvement Tournesol des Étudiants à Taiwan en 2014. Des mouvements où les réseaux sociaux ont joué un rôle important pour catalyser les actions de la jeunesse qui se mobilisait. Et aujourd’hui, la technologie permet de faire revivre ces liens, en nous offrant l’expérience d’un partage en direct de plusieurs pays et de nos salons.

Chaque artiste nous raconte sa révolution, son parcours, dialogue avec les autres personnes et le public, et l’on voit peu à peu des liens se tisser dans les expériences individuelles, là où l’intime rencontre l’Histoire. On perçoit les envies communes de changer le monde, de faire partie d’un mouvement collectif, la joie d’aller contre l’ordre établi… Le travail d’écriture et de mise en scène de Mireille Camier et Ricard Soler Mallol parvient à rendre visible par de docu-théâtre les liens qui traversent la prise de conscience et l’essence des mouvements collectifs, au-delà des situations particulières propres à chaque révolution.

Ce sont beaucoup de choses qui parviennent à être partagées, malgré les centaines de kilomètres qui séparent les protagonistes, et surtout toute l’émotion que l’on peut ressentir lorsque l’on se sent faire partie d’un mouvement qui rejoint nos idéaux personnels. Car le partage est bien au cœur de la représentation. La téléprésence des personnes impliquées dans les mouvements (malgré parfois douze heures de décalage horaire), les dialogues et la mise en scène, ainsi que les interactions entre les artistes et le public rendent la pièce vivante et dynamique. La pièce se déroule en français, en anglais, en arabe, en mandarin, mais le tout est surtitré en français, ce qui n’affecte pas la capacité de suivre ce qui se passe.

Initialement, Intersections se passe en présence des spectateurs. La crise sanitaire aura rendu nécessaire sa présentation entièrement virtuelle, ce qui met l’audience dans les mêmes conditions de partage que les artistes. Une belle utilisation de Zoom, ce nouvel outil qui est entré dans nos vies, et qui nous prouve qu’il peut également servir à créer du lien.

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