N’ayant pu jouer en février tel qu’annoncé, L’amour est un dumpling présenté au Périscope à partir du 8 juin avec une distribution entièrement de Québec.

La scène se déroule dans un restaurant asiatique. Deux anciens amants se retrouvent sept ans après leur séparation plus ou moins houleuse. L’occasion de se souvenir d’une jeunesse bohème, enfiévrée, passionnée, passée à faire la tournée des hôtels en Asie avec leur band. Assis à même le sol, leurs échanges passent du malaise au rire complice, en passant par le jugement sur leur vie de trentenaire plus ou moins rangée en mode passif-agressif. Jusqu’à ce que Claudia fasse une proposition à Marc…

Les révélations se font au rythme des bouchées, en temps réel (la pièce dure une heure), et pour comique qu’elle paraisse, la pièce emmène le spectateur vers des questionnements plus profonds et plus personnels… Car ce souper entre deux amants pas si vieux est l’occasion de faire remonter des souvenirs plus ou moins enfouis, d’exprimer des envies de tout recommencer à zéro, de changer de vie, des désirs qui explosent au visage des protagonistes qui se croyaient pourtant à l’aise dans leur vie plus conformiste. L’envie de reprendre là où le cours des choses s’est arrêté, et faire comme si les années ne s’étaient pas écoulées et qu’on l’on n’avait pas évolué depuis… Qui n’en a jamais rêvé? Peut-on refaire l’avenir?

Le texte de Mathieu Quesnel et Nathalie Doummar est habilement mis en scène par Marie-Hélène Gendreau, dans un décor tout à fait réaliste. Le couple d’artistes Mary-Lee Picknell et Simon Lepage campe un duo sensible et convaincant dans cette comédie presque romantique, au rythme effervescent et où les éclats de rires alternent avec les moments doux-amers. La présence sensible de Sarangerel Tserenpil, dans le rôle de la propriétaire du restaurant, vient adoucir le chaos des retrouvailles. “La fleur s’est fanée mais son parfum demeure” dit le proverbe, et il faut parfois savoir laisser les souvenirs à leur place… ou pas.

On ne saurait trop vous encourager à aller passer une heure au Périscope pour assister à “L’amour est un dumpling”. Vous en sortirez sans doute avec une envie de dumplings, et qui sait, peut-être que le biscuit chinois du dessert vous livrera une sagesse prompte à vous donner envie de repartir à zéro…

  • Du 8 au 19 juin
  • Admission générale : 25 $ (taxes et frais inclus)
  • Compagnie Les Hébertistes
  • Scénographie Sébastien Dionne
  • Lumière Keven Dubois
  • Conception sonore Frédéric Brunet