Les enfants – et leurs parents! – pourront bientôt (re)découvrir le quartier Saint-Jean-Baptiste et le Vieux Québec sous l’angle architectural, grâce à des parcours pédestres plein de surprises. Le projet Pop-Ville propose à partir du 18 juin des parcours accessibles et ludiques, pour comprendre l’environnement urbain dans lequel nous évoluons au quotidien.

“Le projet est né de la pandémie” explique Catherine-Ève Gadoury, qui est native du quartier Saint-Jean-Baptiste et à qui l’on doit l’idée initiale de Pop-Ville. Travailleuse culturelle, elle a vu son activité se réduire avec les confinements successifs, et s’est retrouvée comme beaucoup à devoir faire l’école à la maison. L’idée de développer un parcours pédestre pour faire découvrir aux enfants l’architecture d’un quartier s’est d’abord concrétisée par une documentation maison. Documentation partagée aux ami‧e‧s qui ont eux aussi des enfants… Et c’est ainsi que Pop-Ville est né. Le projet a été soumis à l’École d’architecture de l’Université Laval. Un comité scientifique, composé de trois stagiaires en architecture, diplômés de la maîtrise (Laurie Bédard, Luiza Santos et Adrien Larochelle) et d’une professeure également architecte et spécialiste du patrimoine, Odile Roy, a exploré la ville et élaboré des parcours. “On a beaucoup beaucoup marché pour faire une sélection de stations” explique Catherine-Ève Gadoury.

Concrètement, Pop-Ville propose des parcours pédestres composés d’une dizaine de stations dans Saint-Jean-Baptiste et dans le Vieux-Québec. Ces parcours s’appuient sur des dépliants, que l’on pourra se procurer à partir du 18 juin sur le site internet (à venir) ou à la Duchesse d’Aiguillon, 469 Saint-Jean. L’auteur et comédien Paul Fruteau De Laclos en signe tous les textes des parcours, prête sa voix aux balados et propose une approche irrévérencieuse et drôle du patrimoine. Les dépliants proposent de courts textes et surtout des codes QR permettant d’accéder à des contenus variés: contenus audio (balados) ou vidéo, et même des contenus en réalité augmentée! On pourra ainsi entrer à l’intérieur de certains bâtiments et les visiter en 360°; des bâtiments qui existent encore, comme la Tour Martello rue Lavigueur, ou qui ont disparu depuis longtemps, comme la Maison Hébert-Couillard à l’intérieur de la cour du Séminaire dans le Vieux Québec. Plusieurs activités d’observation ou de dessin (et bien d’autres) sont également proposées au gré des stations.

“On a travaillé avec beaucoup d’artistes et on leur a donné carte blanche pour réinterpréter les choses” explique Catherine-Ève Gadoury. Ainsi, on pourra découvrir ce que l’artiste Aline Martineau, résidente du Faubourg, fait de la singulière maison accrochée au coteau, au 298 rue Lavigueur. L’artiste Wartin Pantois s’intéressera aux portes cochères et aux arrière-cours, et propose un collage mettant en valeur le fonds d’archives photos de la ville de Québec pour redécouvrir la vie du Faubourg telle qu’elle était encore il n’y a pas si longtemps: écuries urbaines, brassées de lavage, cordées de bois, etc. Sur le parvis de l’Église Saint-Jean-Baptiste, on pourra découvrir l’église de la Sainte-Trinité à Paris, qui a inspirée l’architecte Peachy lorsqu’il a fallu reconstruire l’église après l’incendie de 1881, et chercher les cinq ressemblances et cinq différences avec l’église du quartier. On s’interroge sur ce que pourrait devenir l’église dans un avenir proche… Ailleurs, Pop-Ville nous fera également voir le quartier d’en haut, grâce à un drone, pour expliquer notamment le concept d’îlot, et en voir concrètement la structure au sol. On ne vous en dit pas plus (si ce n’est que le Bourdon a été ravi d’apprendre qu’il avait contribué à nourrir un petit peu le projet grâce à ses articles sur l’histoire et le patrimoine!) et on vous laisse le plaisir de découvrir les 10 stations par vous-même à partir du 18 juin.

Pop-Ville, en tant que projet de médiation culturelle destiné aux jeunes, pourrait s’étendre aux autres quartiers de la Ville de Québec, et pourquoi pas, au-delà. Le créneau de l’architecture jeunesse est actuellement peu développé. “Dans notre formation en enseignement en arts plastiques, ce n’est pas du tout abordé” précise Catherine-Ève Gadoury, qui ajoute qu’il y a un “réel engouement” autour du projet. On comprend tout à fait que permettre aux enfants (et à leurs parents!) de (re)découvrir et comprendre leur environnement quotidien, les sensibiliser aux sujets liés à la ville et à l’architecture, peut leur permettre de s’identifier comme acteurs de leur cadre de vie, et les sensibiliser au patrimoine bâti.

Si le projet s’adresse aux jeunes et aux familles, inutile de prendre les enfants de votre entourage comme prétexte pour faire l’un ou l’autre des parcours; il y a fort à parier que vous allez adorer et que vous allez également en apprendre beaucoup sur le quartier. Bonne marche!