Le Périscope nous propose une œuvre qui sort des sentiers battus. Un parcours déambulatoire sonore, intime, à travers le théâtre et ses coulisses, qui débute par Chostakovitch et qui s’achève par une immersion totale dans “La musique n’est rien”, composée par Mathieu Campagna. Une expérience intime, à vivre seul‧e ou à deux, et à savourer, une note à la fois.

Pour se rendre jusqu’à cette dernière œuvre, on traverse plusieurs stations qui permettent, entre autres, de redécouvrir le quatuor à corde no.4, op. 83 de Dmitri Chostakovitch. La première étape nous plonge dans les répétitions du premier mouvement de l’œuvre, et dans les coulisses administratives du théâtre. Chaque instrumentiste occupe un bureau (Marie-Loup Cottinet au violoncelle, Christine Lavallière au violon, Pascale Rivard à l’alto et Alexandre Sauvaire au violon) pour répéter de manière isolée sa partie du quatuor. Ils n’hésitent pas à prendre un moment pour parler avec vous, que vous vous y connaissiez ou non. Ambiance de conservatoire, de répétition, où l’on se sent libre d’interrompre pour parler de Chostakovitch, de ses inspirations, de la façon de le jouer, des instruments… de tout et de rien, et de simplement créer du lien.

À peine le temps d’un soupir, et vous voilà transporté à la deuxième station, où vous serez placé‧e au centre d’un dispositif sonore pour entendre l’allegretto du Quatuor à corde, face aux instruments, et déjà un peu enveloppé dans les notes. Vient ensuite le temps d’entendre la création de Tout ou rien ? de Devil Dandy, œuvre créée en deux semaines et elle aussi inspirée du quatrième quatuor à corde de Chostakovitch. Nous voilà transportés dans les tonalités de la musique juive, de celle des Balkans, aux accents électro faisant la part belle à l’improvisation.

La quatrième station nous invite dans l’univers réjouissant de Michel Côté, dont le personnage, reclus sur l’île imaginaire de « Kovitch », incarne une métaphore sonore de l’œuvre du compositeur. L’occasion d’entendre un étallophone (un métallophone dont les notes sont “étalées” de manière à les juxtaposer chromatiquement et qui est joué à l’aide de deux archets doubles), une mbira (idiophone d’origine africaine à lamelles frappées ou frottées), une scie musicale, et bien d’autres. Car tout est musique, et les dissonances apparentes font découvrir bien des mondes…

Le parcours s’achève au studio Marc Doré, avec La musique n’est rien, œuvre pour quatuor à corde d’environ 8 minutes, qui a été écrite pour que l’on se promène à l’intérieur d’elle, dans le noir total. On peut choisir de déambuler dans la pièce, ou de voyager sur place, selon ce que vos sens vous diront, au cœur d’un dispositif ambiophonique. Fermez les yeux, gardez-les ouverts, plongez en apnée ou en respirant les notes qui vous envelopperont, laissez-vous emporter, la musique devient tout. Autant être franche, cette dernière partie nous a bouleversée comme du Schubert, et on aurait vraiment aimé que cela dure plus longtemps. Huit minutes, c’est trop court, mais c’est déjà beaucoup quand on est immergé dans la grâce et la beauté. Et revenir sur Terre vous demandera quelques minutes.

Informations

  • Du 15 au 19 juin
  • 17 h à 19 h 30 , départs aux 10 minutes, à partir de l’entrée administrative sur Salaberry)
  • Une à deux personnes par départ
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