Dans l’aquarium géant, qui s’emplit d’eau puis se vide avant de se remplir à nouveau, se déroulent des tableaux de l’ordinaire : ramasser des fruits, lire le journal, jouer de la guitare, essayer de dormir…

On le sait – quoique dans un esprit de sauvegarde on cherche souvent à l’ignorer –, la montée des eaux liée aux changements climatiques menace les populations, y compris la nôtre. Aux bouleversements environnementaux, aux catastrophes météorologiques de plus en plus fréquentes, l’être humain devra s’adapter.

C’est ce que montrent les différentes scènes chorégraphiées par Geoff Sobelle : les gestes du quotidien arrivent à se poursuivre, même perturbés par la succession des inondations. Dans ces gestes peut se lire tantôt la détresse, tantôt la résilience, l’entêtement, la résignation…

Quoi qu’on fasse, on ne pourra pas s’en sauver.

Beauté/angoisse

Chaque tableau de ce spectacle conçu et réalisé par Lars Jan est la vision sublimée d’une scène d’horreur, un cauchemar transposé en ballet. L’œuvre en compte sept, et chacune des représentations de cinq heures en regroupe quatre ou cinq.

Il y a de quoi méditer sur son écoanxiété de longues minutes tandis que se déploient les gestes lents et éthérés des interprètes. Les éclairages, les ambiances sonores contribuent à rendre le public captif de ces images tout aussi magnifiques qu’angoissantes. Parions qu’elles hanteront longtemps les esprits.

Tout de même, comme les performances se déroulent en continu, vous pourrez aller reprendre votre souffle autre part avant de revenir vous imprégner de la suivante.

Création du Early Morning Opera, HOLOSCENES a visité Toronto, Miami, Londres, New York et Abu Dhabi, en plus de la Floride et de l’Australie.

L’œuvre est présentée gratuitement à place d’Youville de 17 h à 22 h jusqu’au jeudi 9 juin, dans le cadre du Carrefour international de théâtre.