Pour les théâtres du centre-ville de Québec, le printemps rime avec campagnes de financement. Pour plusieurs théâtres du quartier Saint-Jean-Baptiste, cette période de l’année est cruciale pour soutenir les opérations et le développement d’une culture contemporaine et surtout, accessible.

Dans un contexte économique difficile, la culture – parent pauvre des investissements collectifs – est souvent le premier poste budgétaire sacrifié. Or, vous l’aurez peut-être remarqué si vous avez la chance d’aller régulièrement au théâtre, la majorité des institutions ont maintenu le prix des billets au tarif pré-pandémique. Une accessibilité qui découle de la mission qui vient avec le statut d’OBNL ou d’OSBL des institutions, dont les profits reviennent à la communauté, mais qui implique également parfois d’être ingénieux dans la recherche de financements autonomes. C’est ainsi que les théâtres se tournent vers le sociofinancement ou les campagnes annuelles de financement.

Le Périscope a lancé il y a peu sa première campagne de sociofinancement, dans le but de recueillir 15 000$. La campagne “Donner lieu au Périscope”, opérée par le biais de La Ruche, est en œuvre jusque fin mai. En échange d’une contribution financière, on peut obtenir des sacs, des t-shirts, des pulls, des places de théâtre pour la prochaine saison (au Diamant, aux Gros Becs, au Premier Acte ou à La Bordée) et bien d’autres encore. Il est également possible de donner un montant sans contribution, à partir de 15 $. La campagne s’achèvera par une soirée bénéfice le 30 mai, offrant un apéro dînatoire, des performances artistiques, du réseautage et le spectacle Foreman, que l’on a déjà pu voir au Périscope. Il est également possible d’acheter sa place uniquement pour le spectacle Foreman, dont ce devrait être la dernière représentation à Québec pendant un moment.

L’objectif de la campagne est d’amasser 15 000 $, ce qui servira à améliorer les installations du théâtre, en particulier les espaces publics, faire quelques investissements matériels, toujours dans l’objectif d’ouvrir encore plus le théâtre sur sa communauté, à l’exemple des diverses activités périphériques offertes gratuitement depuis quelques temps. Maria Alexandrov, responsable du développement des affaires, du marketing et des communications au Périscope, souligne que le montant, quoique semblant peu élevé, peut faire une différence. “En soutenant notre institution, on soutient la culture québécoise. Nous sommes le théâtre diffuseur professionnel des voix contemporaines de la culture québécoise d’aujourd’hui, qui façonnent la culture québécoise du futur”. En permettant de bonifier les infrastructures du Périscope, la campagne vise également la communauté et le voisinage du théâtre, à l’image des différentes activités périphériques offertes régulièrement par le Périscope pour s’ouvrir aux publics.

Le Premier Acte, dont c’est le 30e anniversaire cette année, est également en campagne annuelle de financement. Cette campagne vise à permettre à l’institution de la relève de continuer à être un tremplin, un incubateur et une vitrine pour les artistes en début de carrière. Au fil des ans, plusieurs centaines d’artistes émergents ont ainsi foulé ses planches et beaucoup ont eu de très belles carrières par la suite. Il s’agit d’une campagne d’importance, que le théâtre mène depuis 2009, et qui vise à amasser 90 000$ pour financer la mission de l’organisme de manière générale.

Dans le cadre de cette levée de fonds, il est possible de faire un don, mais également de participer depuis le 14 mars à un encan virtuel interactif, où l’on peut remporter une grande diversité de lots, dont des billets de théâtre, de concert, des œuvres d’art, de l’artisanat, des forfaits restaurants, des cartes cadeaux dans différentes boutiques, des gourmandises ou des alcools. Et un tapis Cookie Monster qui à notre humble avis est tout simplement fabuleux. Cette campagne prend fin avec une soirée bénéfice le 7 avril au Musée de la Civilisation, animée par le comédien Maxime Robin, où une équipe d’artistes improvisera une pièce dont seul le thème de départ sera connu. Pour 150$, les participant‧e‧s pourront bénéficier d’un cocktail, d’un spectacle, suivi d’un repas complet avec les alcools et les rafraîchissements appropriés.

En outre, pour les personnes qui le peuvent, sachez que Premier Acte est un organisme de charité dûment enregistré. Tout don de plus de 25$ donne donc un reçu d’impôt. En passant par Canadon, il est possible de donner un montant ponctuel ou un montant mensuel et de générer un reçu pour tous les dons effectués au cours de l’année fiscale.

Les campagnes de financement menées par le Théâtre Périscope, le Premier Acte ou autres sont l’occasion d’encourager, pour celles et ceux qui le peuvent, les activités culturelles locales, dans un contexte financièrement difficile. En effet, le budget de la culture, tel que présenté récemment par le Gouvernement du Québec, est de “187,1 millions de dollars sur cinq ans pour des initiatives visant à mettre en valeur la culture et à promouvoir la langue française” et plus spécifiquement “Pour mettre en valeur la culture et le patrimoine québécois, le gouvernement prévoit, dans le cadre du budget 2024-2025, 92,2 millions de dollars sur cinq ans”. Il n’est pas difficile, dans un tel contexte, d’imaginer que les prochaines années seront difficiles lorsqu’il faudra boucler un budget qui, pour les théâtres du centre-ville, oscille entre 700 000$ et 2M$ par an, dont plus ou moins la moitié en subventions. Pour Marc Gourdeau, directeur général et artistique du Premier Acte, “Les résultats présumés ou attendus des prochaines demandes de subvention pourraient s’avérer catastrophiques. Avec les résultats attendus des prochaines demandes de subvention, faire des levées de fonds en plus de générer des revenus autonomes par la vente de billets et autres activités, est plus pertinent que jamais”.