887 est une incursion dans l’univers de la mémoire. Le spectacle prend naissance dans les souvenirs d’enfance de Robert Lepage. Des années plus tard, il plonge au cœur de sa mémoire et s’interroge sur la pertinence de certains souvenirs. Pourquoi se souvient-on du numéro de téléphone de notre jeunesse, alors qu’on oublie l’actuel ? Comment une ritournelle d’enfance traverse-t-elle le temps et demeure-t-elle entière dans notre esprit, alors que le nom d’un être cher nous échappe ? Pourquoi des informations futiles persistent-elles, alors que d’autres, plus utiles, se dérobent ?

Comment cette mémoire fonctionne-t-elle? Quels en sont les mécanismes? De quelle façon un souvenir personnel trouve-t-il écho dans la mémoire collective?

887 s’attarde également à diverses manifestations commémoratives : le nom des parcs, des rues, des monuments, de tout cet héritage patrimonial dans lequel on vit, mais que l’on ne voit plus. Logiquement, la pièce s’intéresse aussi à l’oubli, à l’inconscient, à cette mémoire qui s’efface avec le temps et dont les limites sont compensées par le stockage numérique, les montagnes de data, les mémoires virtuelles. Dans ce contexte inédit, qu’en est-il finalement de la pertinence d’une représentation sur scène, cette pratique fondée sur l’exercice de la mémoire ?

Toutes ces questions se distillent dans un récit où Lepage, quelque part entre le théâtre et la conférence, expose au spectateur les affres d’un comédien qui – par définition, ou pour survivre – doit se souvenir, d’abord du texte qu’il a dire devant nous, mais également de son passé, et de la réalité historique et sociale dont il hérite et où il s’inscrit.

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