Université populaire présentée par Alex Saulnier.

Cette rencontre se veut l’occasion de discuter de l’exercice du droit à la ville dans la Ville de Québec, et plus précisément dans le quartier Saint-Jean-Baptiste. À titre d’exemples, il sera question de l’histoire des luttes urbaines pour le Patro Saint-Vincent-de-Paul et pour l’ancienne Boucherie Bégin. Le cas des Terres des Sœurs-de-la-Charité sera aussi survolé.

À partir de ces exemples, nous verrons que les structures démocratiques municipales imposent certaines limites à l’exercice du droit à la ville. En effet, en permettant théoriquement le « droit de s’exprimer » à toutes et tous, les espaces de prise de parole citoyenne mettent de l’avant l’illusion d’une égalité atteinte. Or, est-ce que toustes les habitant.e.s sont en mesure d’exprimer, de manière égale, leur point de vue ? À ce sujet, il suffit de penser au vocabulaire technocratique utiliser entre experts et dont l’utilisation peut empêcher la bonne compréhension des enjeux dans leurs détails. Comment est-il possible, dans ces conditions, d’avoir un pouvoir réel sur les décisions qui « fabrique l’espace urbain » ?

Comme le souligne Louis Goudreau (2011), ce genre de partenariat (inclusion de tous les acteurs sociaux : experts, conseillers municipaux, SDC, citoyen.ne.s, etc.) au sein des instances consultatives « peut difficilement contribuer à rendre la société plus juste, puisqu’il fait des inégalités sociales sa condition de possibilité ». Il sera discuté en quoi le souci de « représentation » des populations dans les instances démocratiques n’est en fait qu’une manière d’éviter de s’attaquer aux problèmes urbains réels, par exemple la pauvreté.

Bien que le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste ne puisse prétendre représenter l’ensemble des habitant.e.s du quartier, nous verrons en quoi ses luttes passées et présentes s’inscrivent dans l’exercice du droit à la ville et dans la lutte contre les inégalités sociales, pour le bien commun des gens du quartier. En prônant la réappropriation de l’espace urbain pour des projets sociaux et communautaires, le Comité populaire SJB et ses membres se mobilisent ensemble contre les violences urbaines de la logique néolibérale. Leurs luttes urbaines sont donc, en ce sens, anticapitalistes.

|||::
565 Rue Saint-Jean, Ville de Québec, QC G1R 1P5