Ici vécut: Léon Dessane

Continuons notre découverte des gens ayant marqué l’histoire de notre quartier, grâce aux épigraphes. Vous pouvez également naviguer grâce à la carte des épigraphes que nous vous proposons, et qui s’enrichira au fur et à mesure. 

Pour la deuxième fois, mes recherches (toujours à la mesure de l’amatrice que je suis) me mènent à la rencontre de Léon Dessane ainsi qu’à la duchesse d’Aiguillon. Qui était donc Léon Dessane ? Né à Québec le 15 décembre 1863, décédé dans la même ville le 7 mai 1930, c’est le plus célèbre des sept enfants de Antoine Dessane. Son père a débarqué à Québec en 1849, avec sa femme et leur fille aînée, pour combler le poste d’organiste à la basilique Notre-Dame de Québec. En succédant à T.F Molt à ce poste, il fuyait aussi la révolution de 1848 et le rationnement qui sévissait en France. Il devint, après moult expériences et péripéties professionnelles, organiste à l’église Saint-Roch. Son fils, Léon, fut à son tour organiste dans la même église durant 33 ans.

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Groupe des officiers de l’Académie de musique de Québec pour l’année 1919-1920. Léon Dessane est debout (2e rangée), 3e à partir de la droite. Tiré de La Canadienne, le magazine du Canada français, vol. 3, no 2 (avril 1921), p. 19. BAnQ, collection de revues anciennes, PER C-149.

Fait intéressant, Léon Dessane fut l’élève de Calixa Lavallée. Si je vous dis «Ô Canada» (la musique) la mémoire vous revient-elle? Vous aurez identifié ce compositeur fort célèbre qui était à la fois chef d’orchestre,  professeur, pianiste et organiste!

L’épitaphe est sur une bâtisse sise au 636 rue d’Aiguillon, qui fut construite après l’incendie du 8 juin 1881 qui détruisit l’église Saint-Jean-Baptiste et une grande partie du faubourg. Seul le secteur à l’est de la côte Sainte-Geneviève fut épargné cette année-là.

Chose promise, chose due: faisons un petit tour du côté de la toponymie. C’est la Duchesse d’aiguillon qui se cache derrière ce nom de rue depuis 1792. Laissez-moi vous présenter Marie-Madeleine de Vignerot, dame de Combalet, duchesse d’Aiguillon (16041675 à Paris) ou autrement appelée Marie-Madeleine Vignerot de Pontcourlay. Cette femme, à l’esprit vif et curieux, était une nièce du cardinal de Richelieu (1585-1642) par sa mère. Elle fut également Dame d’Atour de la reine Anne d’Autriche.

Marie-Madeleine de Vignerot, dame de Combalet, duchesse d’Aiguillon (1604-1675)

Elle voulut devenir carmélite après la mort de son mari mais son oncle s’y opposa. Ce dernier lui offrit d’ailleurs le duché d’Aiguillon. Elle consacra sa vie, auprès de son oncle, aux œuvres de religion et de charité et en tant que dame d’honneur. Elle fut ainsi la source de financement, avec son oncle, pour la création, en 1639, du premier hôpital en Nouvelle-France, celui de l’hôtel Dieu de Québec géré par les Augustines. Héritière du cardinal Richelieu, elle continua de dépenser sa fortune à la construction de l’église de la Sorbonne et d’autres “bonnes œuvres”. À défaut d’avoir jamais mis les pieds à Québec, elle y a donc sa rue.

En espérant avoir piqué votre curiosité je vous dis à bientôt pour une prochaine découverte avec les plaques «Ici vécut».

À propos de l'auteur :

Isabelle Goarin
Québécoise d’adoption, et en amour avec ma ville depuis 2002, je suis particulièrement fière de vivre, travailler et consommer Saint-Jean-Baptiste depuis 2014. Travailleure autonome depuis 2005, curieuse d’histoire et de culture, cofondatrice du Bourdon média collaboratif, je m’implique aussi au niveau communautaire. J’ai développé au fil des ans un intérêt particulier pour le développement durable (zéro déchet, économie circulaire, consommation collaborative)

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