Attendre au Bureau de l’a-POST- : tout un art

Dans le cadre de l’événement Le Bureau de l’a-POST-, l’artiste montréalaise Victoria Stanton attendait jeudi 14 et vendredi 15, sur le parvis de l’église Saint-Jean-Baptiste. Elle attendait, attendait “dans le but d’attendre“, tout en ne s’attendant “à rien” parce que “tout peut arriver“.

À l’invitation de Folie Culture, Victoria Stanton avait installé pour deux jours dans notre quartier sa salle d’attente afin d’y effectuer sa performance. Un guichet rappelant une époque où le courriel n’existait pas, et où l’on attendait pour déposer un objet ou en récupérer un, parfois aussi prendre simplement des nouvelles en bon voisinage. L’artiste montréalaise a attendu, souvent debout à son bureau, parfois assise dans la salle d’attente extérieure, que l’on vienne lui raconter des histoires (sur l’attente, de préférence) ou simplement attendre à ses côtés. En se disant que quelque chose viendra un jour.

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“Plus je vieillis et plus je trouve qu’on ne peut vivre qu’avec les gens qui vous libèrent” Albert Camus. Photo: Fabien Abitbol

Tout vient à point qui sait attendre: une lettre écrite par Albert Camus lui a été livrée. “Ce n’est pas Albert Camus qui m’a écrit, mais c’est lui qui a écrit la lettre“, précise Victoria Stanton. Hasard et patience faisant parfois bon ménage, Le Bourdon apprendra par la suite le curieux cheminement de cette lettre d’Albert Camus à René Char: un ancien commerçant de la rue Saint-Jean l’avait reçue par courriel  le jeudi et portée dans la foulée à Victoria au Bureau de l’a-POST-.

Parmi les rencontres de ces deux jours dans le Faubourg, un enfant qui sortait de l’école et qui a voulu s’arrêter avec sa mère. Mais le jeune a eu rapidement la tête ailleurs, tandis que sa mère engageait la conversation avec l’artiste. Il y eut aussi une demande un peu spéciale: un homme qui s’est écrit une lettre adressée à lui-même, et l’a remise à l’artiste afin qu’elle l’a lui expédie depuis Montréal. Et aussi une néo-résidente du quartier, fidèle lectrice du Bourdon, qui s’est posée sur un banc près de l’église le temps de rédiger une lettre à l’intention de Victoria.

Si les modifications de circulation dans la rue Saint-Jean, qui affectent aussi les trajets piétonniers, ont probablement diminué l’achalandage potentiel de l’artiste, l’occupante de la cabane rouge sur roulette a bénéficié d’un temps clément et a pu patienter en compagnie d’environ une douzaine de personnes par jour.

Photo: Fabien Abitbol

Le vendredi, à 17h, la directrice de Folie Culture Céline Marcotte était là (attendue, elle) avec une partie de l’équipe. C’était l’heure du finissage, la performance prenant fin à 18h. Le moment, donc, d’apposer sur Le Bureau de l’a-POST- le nom de Victoria Stanton, au côté de celui de Julie Laurin, qui avait officié les 7 et 8 septembre au Jardin Saint-Roch.

La semaine prochaine, les 21 et 22 septembre, Alexandre Bérubé occupera la roulotte rouge de 11h à 18h au parvis de l’église Saint-Roch.

Par | 2017-09-18T21:48:27+00:00 16/09/2017|Catégories : Art et événements|0 commentaire

À propos de l'auteur :

Fabien Abitbol
Journaliste depuis 1984, j'ai travaillé pour divers journaux dont France Antilles, Le Courrier de l'Ouest, La République du Centre, L'Express, Le Monde, ou L'Humanité. Blogueur chevronné depuis 2006, administrateur de la coopérative de journalistes Ensemble, collaborateur régulier de l'InfoBourg, je suis également administrateur du Conseil de quartier Saint-Jean-Baptiste depuis 2014, et résident du quartier depuis 2012.

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