Maud Rusk, Équipe Labeaume

Maud Rusk est la seule femme se présentant dans le district Cap-aux-Diamants. Candidate de l’équipe sortante, elle nous présente ici, de manière détaillée, ses projets et envies pour le Faubourg. 

Le questionnaire avait pour objet de connaître les objectifs des candidats pour le Faubourg Saint-Jean, qui fait partie intégrante du district Cap-aux-diamants. Certains enjeux recoupent les autres territoires du district (comme le Vieux-Québec). Leurs réponses pouvaient donc déborder du territoire lorsqu’ils l’estimaient pertinent. Nous y avons intégré certaines questions dont nos lecteurs nous ont fait part, et les candidats pouvaient répondre de manière plus ou moins longue à chaque question.

Le Bourdon 600×100

Économie locale

Notre lecteur PC Poulin vous demande d’expliquer votre stratégie économique pour garantir la survie de l’économie de proximité, la survie d’un marché de proximité et faire en sorte que la croissance des taxes municipales n’aille plus à l’encontre de l’économie de proximité.

J’ai habité 7 ans sur la rue Saint-Jean. J’étais la voisine immédiate de la fruiterie de M. Langlois. Ce commerce m’a servi de garde-manger des années durant. J’ai dépensé mes paies à l’Épicerie européene et le Crac m’a gardé en santé. J’achète mes sacs à main, mes chaussures comme mes livres sur Saint-Jean. S’il y a quelqu’un qui veut que le commerce de proximité fonctionne, c’est bien moi.

Les commerçants sur nos artères font face à des enjeux de taille, nous le reconnaissons. C’est pourquoi l’administration Labeaume a adopté un Plan commerce 2017-2020 en septembre dernier qui comprend des mesures pour embellir les artères commerciales, accompagner les commerçants dans le virage numérique et mettre en place un environnement propice pour l’innovation. Diverses mesures ont aussi été annoncées : la mise en place d’une ligne d’information, genre de guichet unique afin que le commerçant puisse mieux se retrouver, la bonification du programme de Rénovation des façades, la majoration de la subvention qui provient des bornes de stationnement, et l’indexation des taxes non résidentielles à l’Indice des prix à la consommation.

Plus globalement, la Stratégie de développement économique mise en place par notre administration est un véritable levier pour susciter l’essor de la région. Les résultats sont là, tellement que l’OCDE s’intéresse à notre Stratégie et a invité M. Labeaume a siégé sur un comité. Depuis 2012, ce sont 158 projets présentés par des entrepreneurs qui ont été soutenus par la Ville. Chaque dollar engendre 3,78$. À titre de comparaison, les programmes de Développement économique Canada engendrent 2,34$. Les projets soutenus comme les aides au mentorat, le soutien au Cégep Garneau pour le projet de l’École d’entrepreneuriat de Québec, les vitrines technologiques qui permettent aux entreprises novatrices d’ici de développer leurs produits et expertises, permettent de nous doter d’une économie favorable qui profite à tous, même au commerce de proximité. Les taxes municipales pourront aussi dorénavant être payées en 4 versements.

Êtes-vous pour ou contre un décontingentement des bars et restaurants sur la rue Saint-Jean et pourquoi?

Je crois qu’il faut laisser aux membres des SDC et des associations de commerçants le choix, à savoir s’ils veulent recourir au décontingentement dans leur zone commerciale respective. Les membres d’une SDC pourraient très bien se prévaloir de certaines dispositions alors que d’autres décideront de laisser faire le libre-marché. Notre proposition est que la Ville ouvre un dialogue au sujet de cette réglementation et à terme, nous respecterons l’opinion des commerçants.

Comment encourager la diversité de commerces dans le Faubourg, répondant aux attentes des résidents permanents?

Il est certain que la diversité doit être encouragée, toutefois, ce n’est pas à moi personnellement d’inciter telle ou telle entreprise à avoir pignon sur rue. Je pense que la SDC le fait lorsqu’elle est mise au courant en amont d’ouverture d’adresse commerciale. Aussi, la Ville de Québec soutient les SDC qui veulent faire des études pour trouver le bon mix commercial.

Cadre de vie

Nous nous intéressons ici à l’environnement immédiat des citoyens du Faubourg.

Mélanie Quimper regrette que les places de stationnement de nuit lors des opérations de déneigement aient été limitées par la construction de condos à l’îlot Irving. Le déneigement fait aussi partie de ses questionnements. « Il y a plus de 30 ans, on déneigeait les deux trottoirs de chaque côté de la rue et depuis quelques années, un seul. Pourtant les riverains des deux côtés de la rue paient les mêmes taxes. Va-t-on revoir cette politique de déneigement ? » s’interroge pour sa part Réal St-Pierre.

Des vignettes de stationnement à tarif préférentiel seront émises aux résidents du Vieux-Québec les soirs de tempête pour qu’ils puissent se stationner à l’Hôtel-de-Ville. Je vais tenter que cette initiative soit aussi reproduite dans le quartier Saint-Jean-Baptiste. On l’a vu au cours des dernières années, nous cherchons toujours à améliorer la gestion du déneigement. Nous prenons aux sérieux les commentaires envoyés via le site web de la Ville et ceux qui sont partagés de vive voix en composant le 311.

La densification permet aux quartiers de voir arriver de nouveaux résidents, et ceux-ci peuvent contribuer à encourager le commerce local. Il nous faut toutefois trouver des façons que le stationnement demeure accessible. Les capacités et les réglementations de stationnement sont actuellement étudiées à l’arrondissement de La Cité-Limoilou. Les commentaires des citoyens et des commerçants relativement au stationnement sont dûment pris en considération.

Comment s’assurer que des logements ne disparaissent pas au profit de locations de courte durée, à visée touristique?

L’hébergement illégal est un enjeu auquel sont confrontées toutes les villes touristiques dans le monde. Comme agente de recherche au comité exécutif de la Ville de Québec, j’ai effectué durant deux ans la veille des réglementations qui prévalent à l’échelle internationale. Un contrôle doit absolument être fait afin que nos quartiers ne se retrouvent pas complètement accaparés par des touristes. Je dois admettre que j’ai déjà utilisé une plateforme locative lorsque j’ai voyagé à l’étranger pour vivre chez l’habitant, car l’idée de base de l’économie de partage est intéressante. Là où j’ai un problème, c’est quand les propriétaires font du commerce avec l’hébergement : cela doit être strictement réglementé.

Comment favoriser la vie de famille dans les quartiers centraux?

La Ville de Québec offre une programmation de loisirs complète dans tous les quartiers. Je pense aussi aux formidables espaces qui ont été créés pour les jeunes dans le Réseau des bibliothèques. Ces dernières années, notre administration a travaillé très fort pour faire en sorte que toutes les familles à faible revenu dont un ou plusieurs enfants sont inscrits dans un camp de jour soient admissibles à une aide financière. Plusieurs centres communautaires verront le jour ou seront mieux aménagés. C’est inscrit dans le plan triennal d’immobilisations de la Ville. Il faut notamment penser au centre communautaire YWCA qui sera construit dans Saint-Roch et qui bénéficiera aux familles de la Haute-Ville.

En outre, Équipe Labeaume vient de s’engager à construire cinq nouveaux terrains de basketball, un skate-park intérieur, qui sera idéalement situé au centre-ville.

Les citoyens me parlent aussi des parcs du quartier SJB (comme Scott, Richelieu, Berthelot). Il faut les entretenir et pourquoi pas, mieux les animer. Les aménagements qui seront faits éventuellement à l’Îlot Saint-Vincent de-Paul permettront aux familles d’investir un lieu qui offre un panorama exceptionnel sur la ville.

Bien d’autres facteurs ou mesures contribuent à assurer une qualité de vie pour les familles. Je pense notamment qu’il faut continuer d’investir dans le logement social, améliorer la sécurité pour les piétons et les cyclistes, verdir toujours plus pour diminuer les îlots de chaleur.

Par de nombreux aspects, Saint-Jean-Baptiste peut déjà être considéré comme un écoquartier. Comment accompagner le développement local dans cet esprit?

Un écoquartier se doit d’adopter les principes de collectivité durable. Le quartier Saint-Jean-Baptiste est depuis longtemps favorable à ces principes : transport actif, mixité des usages, densité et compacité de la trame urbaine. Les commerces et les places d’emploi sont facilement accessibles à pied, sans véhicule. Les gens du quartier reconnaissent la valeur du patrimoine tangible et intangible. La culture locale prend une place de première importance dans la vie des citoyens.

Pour moi, le développement durable et l’amélioration de la qualité de vie c’est l’affaire de tous et de toutes. Par exemple, ce sont des propriétaires qui rénovent avec des comportements responsables, ce sont des cyclistes et des automobilistes qui partagent mieux la route, c’est la Ville qui consulte les citoyens sur les enjeux et projets à développer dans le quartier, c’est la Ville qui rend les rues et les aménagements universellement accessibles et plus verts. Lorsque les citoyens s’impliquent, la Ville écoute, et les réalisations qui s’en suivent contribuent grandement à améliorer la qualité de vie. Je pense aux réfections des rues Sainte-Claire, Turnbull, Saint-Jean et à toutes les places éphémères qui continueront à venir égayer nos quartiers.

Par quelles actions la Ville peut-elle encourager le verdissement du quartier?

Au début de la campagne électorale, Équipe Labeaume a annoncé trois projets de verdissement dans les quartiers centraux : à l’Ilot Saint-Vincent-de-Paul, au Parc Victoria, et sous les bretelles de l’autoroute Dufferin dans le quartier Saint-Roch.

Plusieurs mesures seront mises de l’avant afin de favoriser l’agriculture urbaine. En voici quelques-unes:

  • Autoriser la location de terrains publics inutilisés à des OBNL pour des usages d’agriculture urbaine en les exemptant de taxes municipales sur le terrain et en autorisant la vente sur le lieu de production;
  • Soutenir le développement de serres communautaires et de serres commerciales;
  • Créer un programme pour favoriser l’implantation massive de toits végétalisés.

J’ai le plus grand respect pour les citoyens qui prennent leur quartier en main en verdissant leur devanture de maison et leur cour. Je veux aussi souligner le travail des citoyens qui participent au nettoyage, plusieurs fois par année, du coteau Sainte-Geneviève.

Patrimoine

Notre quartier est dense et riche au niveau patrimonial. Nous ciblons ici deux enjeux.

Que faire de l’église Saint-Jean-Baptiste, fermée depuis 2015?

J’ai visité l’église et me suis fait expliquer la situation qui prévaut actuellement. Le dossier est majeur et complexe. J’ai eu de grands moments d’émotion lors de la visite. Je ferai tout pour assurer un suivi diligent et être une voix forte afin que l’Église soit gardée en bon état et qu’elle se trouve une vocation.

Comment mettre d’avantage en valeur l’enclos paroissial St-Matthews?

J’ai entendu qu’il y a un projet d’illumination dans l’air. Il faut considérer qu’une illumination dans un quartier résidentiel peut avoir des impacts sur les riverains. Je laisserai les citoyens se prononcer à ce sujet. Peut-être que cet espace pourrait être davantage animé d’activités de type communautaire. À quand une grande tablée de voisins dans ce lieu ?

Mobilité(s)

La mobilité est l’un des enjeux importants de cette élection. Nous nous y intéressons dans cette section.

Sylvain Marois aimerait« savoir ce que les candidats proposent pour limiter et diminuer la circulation dans Saint-Jean-Baptiste ».

C’est une très bonne question. Ultimement, faisons en sorte que les gens choisissent d’autres modes de transport que l’auto-solo. Ça demande donc un effort collectif.

  • Encourager d’utiliser le transport en commun;
  • Étaler les heures de travail (bureaux du gouvernement, université, cégeps) pour faire diminuer les pics de circulation. Nous sommes dans la bonne direction. Les maisons d’enseignement ont annoncé une volonté en ce sens;
  • Encourager les saines habitudes de vie, le transport actif;
  • Encourager le covoiturage.

Réal St-Pierre demande comment « résoudre le problème de la circulation de transit, en particulier sur d’Aiguillon et Sainte-Marie ».

Idem. C’est un ensemble de mesures qui fera en sorte qu’il y aura moins de véhicules sur la route, moins de congestion et donc moins de circulation de transit : ex. transport actif, transport en commun, covoiturage.

Peut-on envisager de réduire la vitesse à 30km/h dans les zones résidentielles?

Je crois qu’au-delà de la vitesse permise, il faut aussi compter sur d’autres incitatifs tels que la sensibilisation des conducteurs, des rues moins larges, des afficheurs de vitesse, des dos d’âne. La réduction de vitesse est peut-être envisageable, mais dans les secteurs où la vitesse est déjà à 30 km/h dans les rues, les gens ne la respectent pas et roulent tout de même à une vitesse vertigineuse.

Comment développeriez-vous les pistes cyclables dans le quartier?

Je commencerai par échanger avec les citoyens pour savoir s’ils accepteraient que des voies soient soustraites pour faire place à des pistes cyclables. Comme tout est relié, cela pourrait entraîner davantage de circulation de transit – ce n’est pas simple – il faut bien considérer les impacts de chaque geste posé.

Démocratie locale

Quelle est selon vous la meilleure façon d’intéresser les citoyens aux enjeux de proximité?

Il y a certes les conseils de quartier pour échanger. Sans flagornerie, je trouve que l’initiative du Bourdon est intéressante et permet la réflexion. Le renouvellement de la politique de consultation aura sans doute pour effet de changer les façons de faire de la Ville de Québec afin que les citoyens partagent leurs préoccupations et en reçoivent un suivi.

Je crois qu’une conseillère municipale est un agent de liaison important entre le citoyen et la municipalité. Pour ce faire, ça prend de la présence, du positivisme, la capacité de créer des partenariats et la volonté de dialoguer sainement. Je suis certaine d’avoir tout ce qu’il faut pour faire un excellent travail avec les citoyens.

Comment faire travailler tous les acteurs (SDC, Conseil de quartier, Comité Populaire, OBNL) ensemble sur des projets de développement local?

Je rencontre avec beaucoup d’enthousiasme les organismes comme la Dauphine, Lauberivière, le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste, le Grand Théâtre, l’Entraide du Faubourg. Les intervenants prennent un temps précieux à me présenter leur mission, leurs projets et à me faire rencontrer les gens qu’ils desservent et j’en suis reconnaissante. C’est toute la communauté qui y gagnera si nous échangeons, restons en contact et si nous travaillons à innover ensemble.

Je le dis souvent dans mon porte à porte. Chaque geste et chaque discussion comptent. Je suis plus qu’intéressée à me faire le «ciment» de projets dans la communauté.

Section libre / Développez un enjeu qui vous intéresse plus particulièrement.

Pour le quartier, sans être exclusifs, l’embellissement et l’animation de la rue commerciale principale m’intéressent tout particulièrement. Le commerce traditionnel de proximité est une composante importante de la qualité de la vie. Il est aussi un facteur d’animation et de lien social. Ça m’interpelle à chaque jour.

La réussite de la rue commerciale passe par une gamme étendue d’interventions. Faut-il créer des solidarités plus larges et plus fortes entre les sociétés de développement commercial et les commerçants eux-mêmes? Encourageons davantage «les locaux» à consommer près de chez eux. Il faut sans doute offrir une expérience unique aux visiteurs pour les attirer davantage. L’aménagement physique devient alors hyper important. Il faut rendre confortables et sécuritaires les déplacements des piétons. Je rêve à plus de passages piétonniers sur la rue Saint-Jean et mieux identifiés.

Il faut offrir des lieux propices aux rencontres, animer l’espace public, soigner l’esthétique de la rue : places publiques permanentes et éphémères, événements, galeries d’art éphémères, peinture flamboyante des lampadaires, agriculture urbaine sur l’artère, favoriser une approche responsable des propriétaires afin qu’ils assurent la salubrité des trottoirs devant leurs commerces (c’est comme ça à New-York !).

Bref, si les citoyens, les commerçants et la SDC du Faubourg ont des idées pour embellir la rue et la rendre encore plus conviviale et attirante, nous travaillerons ensemble pour les réaliser.

Par | 2017-10-22T17:44:26+00:00 18/10/2017|Catégories : Vie politique|Mots-clés : , , , |4 Commentaires

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La Rédaction
La rédaction anime l'équipe de journalistes et citoyens qui butine sur le Bourdon du Faubourg. Elle veille au respect de la ligne éditoriale, recueille les propositions de sujets, en propose et en rédige certains.

4 Commentaires

  1. Ginette Falardeau 19 octobre 2017 à 19 h 43 min- Répondre

    Bonjour, très belle entrevue pour connaître la candidat Maud Rusk, où peut on se procurer le Boudon du faubourg, Merci .

    • Pascaline Lamare 19 octobre 2017 à 20 h 31 min- Répondre

      Bonjour,
      Nous sommes disponibles uniquement en ligne, donc vous pouvez nous trouver partout, et tout le temps 🙂

    • Isabelle Goarin
      Isabelle Goarin 19 octobre 2017 à 20 h 31 min- Répondre

      Bonjour. Merci pour votre commentaire et votre intérêt. Le Bourdon média collaboratif, qui gère le Bourdon du faubourg, est uniquement disponible en ligne (sur cette plateforme) et actif sur ses différents réseaux sociaux. Plus d’information disponible sur notre média collaboratif et sans but lucratif dans la section “à propos”. Cordialement.

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