Le Fou-Bar: une institution qui fête ses 35 ans

Le Fou-Bar fête ce mois-ci ses 35 ans. L’occasion pour nous de revenir sur l’histoire de ce bar de la rue Saint-Jean, un lieu rythmé par le rire bien connu de Lili Jodoin, copropriétaire de l’endroit avec Claudie Melançon et qui s’impose comme l’une des scènes jazz les plus sympathiques de Québec.

Son rire devrait être classé comme joyau du patrimoine” avait écrit la députée Agnès Maltais en 2012, lorsque ses années d’implication bénévole au conseil d’administration de la société des gens d’affaires avait été soulignée. Parler avec Lili, c’est entendre ce rire, avoir la chance de naviguer dans l’histoire du Faubourg, de ses anecdotes, et de réaliser combien le Faubourg peut être tissé serré et une scène culturelle à part entière à Québec. Un endroit où se croisent des habitués, des fans de jazz, de folk, de Saint-Jean-Baptiste et de plus loin.

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La petite histoire des murs

Le Faubourg ferme en 1982. Source: Ville de Québec.

Avant d’être le Fou-Bar, c’était le Faubourg. Un bar où la question du référendum était inscrite sur le mur… L’histoire du Faubourg n’aura duré que quelques années, le temps d’épuiser plusieurs équipes de propriétaires. Le Fou ouvre le 20 mai 1983. A l’origine, il devait s’appeler L’Éclipse. C’est un concours de circonstances qui en a décidé autrement: pendant les travaux de transition d’un bar à l’autre, un mot était ajouté chaque jour sur la vitrine: Bientôt / ouvrira / ici / le / plus / fou / bar… La popularité du nom s’est imposée d’elle-même.

Lili fréquentait déjà assidûment le Fou en tant que cliente, avant de commencer à y travailler en 1989. Elle prenait alors la relève de son frère Denis (que les amateurs de musique connaissent par ailleurs comme propriétaire de Sillons le Disquaire, qui a ouvert en 1984), et de Claude Marcotte, que l’on croise encore de nos jours au Billig (et qui était l’un des organisateurs du tournoi Puck & Bottines cet hiver). “Vas-tu être aussi bonne que ton frère et aussi drôle que Claude?” lui a-t-on demandé à l’époque. 35 ans plus tard, on peut simplement répondre positivement: Lili et le Fou-Bar se sont fait une place bien particulière au cœur du Faubourg.

En 1994, cinq employés du Fou-Bar se sont associés pour racheter le fonds de commerce. Un achat “local”: outre Lili, Michel Perron (qui fut par ailleurs jusque très récemment propriétaire de la quincaillerie Saint-Jean-Baptiste), Éric Courtemanche (fils du propriétaire de l’Intermarché de la rue Saint-Jean, et qui gère désormais l’Intermarché de la rue Saint-Joseph) font partie de l’aventure. En 1995, le groupe rachète également Les Fourberies en basse-ville, qui sont depuis devenues les Salons d’Edgar. L’aventure dure un peu plus d’un an, et c’est là que les associés se familiarisent avec la scène musicale de Québec, offrent les concerts, avant de rapatrier le tout au Fou-Bar.

Une scène musicale reconnue

A l’époque, à côté du Fou, il y avait le Mardi-Gras, et c’est là que se déroulaient les mardis-jazz. Lorsque le Mardi-Gras a cessé d’opérer, les mardis-jazz ont repris en 1997 au Fou. Au début, un seul band venait, un fois par mois, et juste l’hiver. L’année suivante, quatre bands. Puis de plus en plus. Et de plus en plus de concerts. Au début, Eric Courtemanche s’occupait de la programmation. Puis ce fut le tour de Lili, pour qui la musique n’est pas juste un accessoire. Lili chantonne en journée, Lili chante dans la même chorale depuis 26 ans (la chorale 1001 Sons, que nous aurons l’occasion d’entendre en juin lors de la Fête du Faubourg), Lili a même enregistré un album em 2005, Coup de Bar, dont les bénéfices ont servi à l’achat de la toile d’Yves Bussières qui se trouve au-dessus du comptoir.

L’oeuvre d’Yves Bussières

Le bar et la musique sont désormais indissociables. Les artistes se passent le mot, et le Fou-Bar offre aux artistes et groupes jazz et folk locaux et aux artistes en tournée une scène intime, accueillante, reconnue pour sa qualité. C’est aussi l’endroit où les jeunes artistes font leurs premières scènes: Martin Desjardins, Félix Girard, Gab Paquet, Gabrielle Shonk, les frères Côté, André Larue… la Ligue d’improvisation musicale de Québec y est née. Beaucoup d’étudiants en musique de l’UL y font leurs premières armes, grâce notamment aux combos-jazz. Les mardis-jazz sont une institution. Plusieurs fois par semaine, c’est l’occasion de faire des découvertes, se replonger dans des univers musicaux que l’on aime, dans une ambiance de bar de quartier comme il en reste encore quelques-uns à Québec.

Par | 2018-05-24T23:45:50+00:00 20/05/2018|Catégories : Art de vivre et consommation|Mots-clés : , , |2 Commentaires

À propos de l'auteur :

Québécoise d'adoption depuis 2007 et résidente de Saint-Jean-Baptiste depuis 2012, je suis passionnée de démocratie locale, d'histoire et de patrimoine. Co-fondatrice du Bourdon média collaboratif, je suis également engagée dans divers organismes du quartier, comme le Comité Populaire, Espace Solidaire, et le Comité du patrimoine.

2 Comments

  1. Réal St-Pierre 20 mai 2018 à 16 h 18 min - Répondre

    Je lis que Michel Perron n’est plus propriétaire de la Quincaillerie St-Jean-Baptiste ? Si tel est le cas, qui est maintenant propriétaire du commerce ?

    • Isabelle Goarin
      Isabelle Goarin 21 mai 2018 à 9 h 53 min - Répondre

      Bonjour. C’est monsieur Jean-François Proulx le nouveau propriétaires des lieux. Ce dernier a de beaux projets pour notre quincaillerie. Nous espérons pouvoir vous en dire plus sur le sujet cette année.

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